Favorable à l’établissement d’une gestion mondiale des réserves alimentaires, la Russie est déterminée à améliorer sa production céréalière et à renforcer sa position sur le marché mondial. C’est ce qu’a indiqué en substance le président russe Dmitri Medvedev, à l’occasion du premier forum céréalier mondial les 6 et 7 juin à Saint-Pétersbourg. L’objectif de la Russie est de remettre 20 millions d’hectares en culture pour atteindre une production de 136 millions de tonnes de blé.
Dans son discours, le président Medvedev s’est dit préoccupé par le déséquilibre entre l’offre et la demande de céréales, jugeant que les pays devaient se mettre d’accord sur un mécanisme pour surveiller le marché et sur un système d’alerte. La Russie, a-t-il poursuivi, veut « renforcer sa position sur le marché mondial des céréales », soulignant qu’elle était revenue au rang d’exportateur de céréales et qu’elle figurait parmi les trois premiers exportateurs mondiaux de blé. Selon les experts, par l’introduction d’une agriculture intensive, en utilisant de bonnes technologies de production des grains et en augmentant les rendements du blé à l’hectare (à 2,4 tonnes en 2008), il est possible d’atteindre une production de 115 millions de tonnes par an. Si la Russie parvient à remettre en culture davantage de terres, notamment les quelque 20 millions d’hectares laissés en jachère depuis 1991, elle pourrait produire 136 millions de tonnes de blé par an dont 50 millions destinées à l’exportation, précisent-ils. L’an dernier, sur 108,4 millions de tonnes de céréales récoltées, un peu plus de 20 Mt ont été exportées. « Il est important d’avoir accès à d’autres marchés », a souligné M. Medvedev, citant l’Asie, les pays de la CEI (Communauté des Etats indépendants, ex-URSS moins les trois pays baltes et la Géorgie), l’Europe et l’Afrique. Les autorités russes ont évoqué la possibilité de créer un « couloir céréalier » avec l’Asie, où la demande est en forte croissance.
La Russie veut encourager les investissements étrangers
Depuis 1993, les pays de l’ex-URSS ont perdu 24 millions d’hectares de terres arables, les trois quarts se trouvant en Russie, a indiqué Dmitri Rylko, directeur de l’Institut russe de conjoncture du marché agraire, soulignant qu’à l’inverse, le reste du monde en avait gagné 31 millions. « D’une part, les autorités soviétiques exploitaient une part importante de ces terres arables de façon totalement improductive », et d’autre part, la chute de l’URSS a entraîné une baisse brutale de la demande et du soutien à ce secteur, a expliqué ce spécialiste. Selon lui, le principal défi auquel doit faire face le gouvernement est le « développement des infrastructures », tels que les silos à grains, qui sont de mauvaise qualité et en quantité insuffisante. Il faudrait davantage d’investissements, mais la crise financière qui a secoué le monde, et la Russie en particulier, n’est pas de nature à les faire croître.
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M. Medvedev s’est dit prêt à soutenir tout investissement étranger à long terme dans ce domaine. Prenant l’exemple des coentreprises importantes déjà établies avec des capitaux étrangers dans les secteurs gazier et pétrolier, le vice-premier ministre russe Viktor Zoubkov a estimé que de tels partenariats peuvent être envisagés sur des terres agricoles libres.