La croissance démographique, l'expansion de l'agriculture et l'essor de filières alimentaires mondiales ont considérablement modifié la façon dont les maladies apparaissent, franchissent les barrières d'espèces et se propagent, selon un rapport de la FAO, qui affirme que « la santé des animaux est le plus faible maillon de notre chaîne de santé publique ».
QUELQUE 70 % des nouvelles maladies apparues chez l'homme au cours des dernières décennies sont transmises par les animaux, ce qui s'explique en partie par la demande croissante d'aliments d'origine animale, souligne un rapport publié le 16 décembre par la FAO. Les épidémies à répétition chez les animaux d'élevage compromettent la sécurité alimentaire, les moyens d'existence et les économies nationales et locales des pays pauvres comme des pays riches.
Dans le même temps, poursuit l'agence de l'Onu, les risques liés à la sécurité sanitaire des aliments et la résistance aux antibiotiques augmentent dans le monde entier. Enfin, la mondialisation et le changement climatique favorisent la propagation des agents pathogènes, des vecteurs et des hôtes, les risques de pandémie causée par des pathogènes d'origine animale constituant une préoccupation majeure.
L'exemple du virus du SRASUne majorité de maladies infectieuses apparues chez l'homme depuis les années 40 trouvent leur origine dans la faune sauvage, explique le rapport de la FAO. Par exemple, il est probable que le virus du SRAS (le syndrome respiratoire aigu sévère, qui a touché l'Asie puis le monde en 2003) ait été transmis au départ par des chauves-souris à des civettes masquées qui ont, à leur tour, contaminé l'homme par le biais des marchés d'animaux. Dans d'autres cas, c'est le contraire qui se produit : les animaux d'élevage introduisent dans les zones vierges des agents pathogènes qui se répercutent sur la santé des animaux sauvages.
Le rapport précise que l'émergence des maladies du bétail n'est pas spécifique aux systèmes intensifs à grande échelle. Les petits systèmes d'élevage – caractérisés par le pâturage des animaux en liberté, mais avec des densités relativement élevées – facilitent souvent la diffusion des maladies.
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La FAO préconise donc une approche intégrée portant sur les facteurs environnementaux, la santé animale et la santé humaine, la santé des animaux étant « le plus faible maillon de notre chaîne de santé publique ».
Selon elle, quatre principaux axes d'intervention doivent être retenus : atténuer chez l'homme et l'animal le fardeau des maladies endémiques dues à la pauvreté ; affronter les menaces biologiques résultant de la mondialisation et du changement climatique ; fournir des aliments d'origine animale plus sûrs, issus d'élevages plus sains ; empêcher les pathogènes de la faune sauvage de contaminer les animaux domestiques et l'homme.
Mais la priorité absolue doit être, ajoute l'agence de l'Onu, la collecte de preuves plus probantes sur les causes principales des maladies animales et l'amélioration des mesures d'évaluation et de prévention des risques.