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Volaille/Développement La Savel ne manque pas de projets

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À bientôt cinquante ans d’existence, la Savel se dote d’un directeur général externe à la famille pour accroître son développement. La société, notamment leader en France de la pintade, a des projets dans les produits élaborés sous ses marques propres. Elle veut également lancer une marque solidaire.

Dirigée depuis une cinquantaine d’années par les fondateurs, Gabriel et Madeleine Léon, qui aspirent aujourd’hui à une retraite bien méritée, la Savel va changer de mode de gouvernance. Après concertation avec leurs quatre enfants qui les ont tous rejoints dans l’entreprise, « nous avons décidé de confier la direction générale à un expert de l’agroalimentaire », a ainsi annoncé Gabriel Léon, le président, le 22 septembre lors d’une réunion avec la presse. À la direction générale de Capitaine Cook depuis 2009, Eric Lefeuvre vient donc de rejoindre la Savel. « C’est un choix raisonné. Avec son expertise multifilière, Eric Lefeuvre apportera un œil critique dans notre organisation, sans l’aspect affectif », ajoute Jean-Christophe Léon, le directeur des relations clients.

46 % des ventes à l’export

Volailler à l’origine, d’où la dénomination de Savel (Société d’abattage de volaille et de lapin), l’entreprise, créée en 1968, s’est progressivement orientée sur les coquelets (1972) pour « faire ce que les autres ne faisaient pas », explique Gabriel Léon, puis la pintade (1989), un créneau jusqu’alors réservé à la gastronomie, tout en développant ses activités à l’export. La société qui compte trois sites de production (Lannilis, également le lieu du siège social et Carhaix, dans le Finistère et la Séguinière, en Maine-et-Loire) a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 88 millions d’euros, que les dirigeants entendent porter à 96 millions pour l’année en cours. Actuellement, les ventes se répartissent à 46 % à l’export dans 36 pays, 17 % en GMS, essentiellement sur les produits entiers, et le reste en RHD. La Savel qui a démarré avec 5 salariés, en compte 320 aujourd’hui (équivalent temps plein).

Avec 40 % de la production de pintade (free range, une alternative au label rouge) en France aujourd’hui, la Savel se positionne non seulement comme le numéro un sur le territoire, mais aussi en Europe et dans le monde. Ses plus gros marchés à l’export pour la pintade toujours, sont la Grande-Bretagne – les produits Savel sont ainsi distribués chez Harrods depuis trente ans – et la Belgique, mais aussi l’Allemagne.

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Des nouvelles marques et des nouveaux produits

La Savel propose ses produits à travers quatre segments : la volaille entière (pintade, coquelet et poulet), la découpe, les produits élaborés (brochettes produits farcis et produits cuits) – Savel est notamment fournisseur des pintades farcies Picard et de certains produits festifs Labeyrie via la société Jean Routhiau – et la volaille halal, « un marché en croissance tiré par une forte demande au Moyen-Orient », précisent les dirigeants.

Le groupe qui compte plusieurs marques (1), veut accroître la place des produits élaborés sous ses propres marques. « Un burger de poulet pour les enfants est actuellement à l’étude », dévoile ainsi Jean-Christophe Léon. La Savel a également lancé en 2016 une nouvelle marque du nom de Jean Léon, le père de Gabriel Léon, « le premier à croire à la volaille dans la famille », souligne Madeleine Léon. Une marque premium qui sera commercialisée chez les distributeurs traditionnels et à l’export. Enfin, la Savel veut s’engager plus avant dans la filière en lançant la marque Fermiers Solidaires, une marque d’engagement et de partage de valeurs « parce que nos actions ont un sens, nos achats aussi », dit le slogan de la Savel. Selon un petit calcul auquel s’est livré la société, il ressort qu’« en quinze ans, la perte de valeur ajoutée atteint 32 % pour les agriculteurs et 14 % pour les industriels, alors qu’elle est en hausse de 7 % pour les distributeurs », indique Jean-Christophe Léon. En revanche, cette même valeur ajoutée a cru de 5 % en cinq ans, pour les 152 éleveurs qui travaillent avec la Savel. L’objectif de cette nouvelle marque "Fermiers Solidaires" est de faire en sorte que « les clients contribuent au partage solidaire de la valeur et que tout le monde soit rémunéré de manière juste », a expliqué Jean-Christophe Léon. Et quand Madeleine Léon parle de respect vis-à-vis de ses éleveurs, ça n’est pas une simple posture. « Lors de la fermeture des frontières avec la Russie à l’été 2015, il a fallu gérer la surproduction, se souvient-elle. Nous avons partagé la difficulté avec nos éleveurs ». Et de souligner que « Savel a toujours généré un revenu suffisant à ses éleveurs en faisant des produits de qualité », indique-t-elle. La preuve donc qu’il est possible de faire du bon, à un juste prix.

(1) P’tit Duc : la marque historique utilisée en foodservice en France et à l’export, devenue une marque régionale en GMS en 2014, Jardin de Loire : Marque dédiée au foodservice à l’export, Picalou : Marque dédiée au foodservice régional France et Agalia : Marque export produits surgelés