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Filière porcine La séance du lundi réouverte au Marché au porc breton, mais…

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Le marché du porc breton revient à un rythme de deux séances par semaines, mais nombreux sont ceux qui dénoncent un « manque de solidarité » dans la filière.

Dès le lundi 4 octobre, le marché du porc breton (MPB) aura renoué avec sa séance du lundi. Pour Jean-Jacques Riou, président du MPB, « nous avons cherché à trouver des “petites” solutions, mais suspendre la séance du lundi crée finalement des problèmes de transparence au niveau des transactions avec les éleveurs (prix issu de la moyenne de plusieurs marchés) ». Par ailleurs, les éleveurs ne pouvaient vendre que sur un seul marché, ce qui était insuffisant. La séance du jeudi 30 septembre s’est révélée « très tendue, très dramatique », selon Jean-Jacques Riou. « Il a fallu plusieurs responsables pour tempérer l’ardeur des éleveurs », précise-t-il. Le prix du porc est descendu de 0,029€ atteignant 1,124€/kg. Face à cette situation, la Fédération nationale porcine, dans un communiqué de presse du jour même, « appelle d’urgence les différents acteurs de la filière à discuter ensemble d’un moyen de répercuter la hausse du coût de production sur la viande de porc ». Elle annonce « des actions syndicales orientées dans ce sens », même si elle « n’abandonne pas l’idée d’un meilleur affichage du logo VPF – Viande de porc française – et de la mention d’origine ».

Les maillons disloqués d’une même filière

Pierre Brosseau, responsable de la commission nationale porcine de la Confédération paysanne, estime que « les soubresauts du MPB ne sont qu’une illustration de la désunion entre les différents maillons de la filière. ». Ces propos rejoignent la position de la Fédération nationale porcine qui a déjà relevé régulièrement « le manque de solidarité au sein de la filière ». Pour de nombreux éleveurs, « les abatteurs savent que les élevages sont pleins aussi font-ils irrémédiablement baisser les prix », mais comme le précise Pierre Brosseau, « c’est gagner à court terme », car les éleveurs ne s’en remettront pas et la filière non plus. « Avec un aliment à environ 200€/t, pour compenser le coût de production, il faudrait un prix du porc à 1,54/kg au lieu de 1,124 », s’exclame-t-il. Pour lui, l’origine de la crise viendrait d’une offre excédentaire. Du côté des abatteurs, le silence reste de mise. Ils refusent de participer aux réunions précédent le MPB. Mais la conclusion revient à Michel Bloch, président de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne : « Peu importe que le marché au cadran fonctionne ou non le lundi, telle qu’est la situation aujourd’hui, les éleveurs sont en train de crever ! ».

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