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La segmentation et la qualité au cœur de la stratégie de la filière ovine

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À travers le thème du prix, ce sont la qualité et la segmentation du produit qui ont été mises en avant par l’ensemble des intervenants, lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale ovine, le 22 avril à Saint-Malo.

Qualité et segmentation ont été le credo de l’assemblée générale de la Fédération nationale ovine, le 22 avril à Saint-Malo. Lors de la table ronde concernant les prix et la contractualisation, Rodolphe Lepoureau, p.-d.g. de Sovileg, a clairement affiché son point de vue dans ce sens : « La filière ovine est déjà une niche. Le luxe se construit par des niches. Il ne faut pas faire de la filière ovine une grande niche, mais une multitude de petites niches. Avec une multitude de clients, on peut faire des choses extraordinaires ». Pour Vincent Blanchard, administrateur de Vendée Sèvres Ovins (VSO), « notre fer de lance, c’est la qualité. La relance de la consommation, oui ! Mais la qualité du produit restera indispensable ». « On sait que l’on va vers une baisse de la consommation de viande. Mais c’est par la qualité que l’on va endiguer cette diminution de la consommation et non par le prix », analyse Guy Emeriau, responsable du rayon boucherie chez Système U région Ouest. Et d’insister sur l’importance de garder une production par terroir : « En parallèle du produit, il faudra le service et le contact avec le client, surtout face à la mondialisation ». Interpellé sur la nationalisation de la logistique de l’enseigne, il a rappelé que « la spécificité de notre organisation par territoire est un point essentiel dans le sourcing de la marque ».

Qualité, constance et contact client feront la différence

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De son côté, Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, a insisté sur « toute la difficulté d’appréhender le différentiel qui existe entre l’acte d’achat et les discours du consommateur ». Face au poids de la grande distribution, c’est donc par la qualité et la segmentation que la filière ovine trouvera à se développer. « Vous avez besoin de me vendre, je n’ai pas besoin de vous acheter », a résumé Olivier Mevel, consultant en stratégie des filières alimentaires, au sujet de la position de la grande distribution dans la filière. Aussi, face à des rayons « désespérément monolithiques » en grandes et moyennes surfaces, il faudra absolument les « enchanter » à l’avenir, selon lui. Il se révèle assez pessimiste quant à l’oligopole de la distribution puisque « la structure du marché dominera toujours le législatif. […] On aura beau travailler de beaux produits, tant qu’on laissera cet oligopole, cela ne marchera pas ! ». Christiane Lambert poursuit, face à un Stéphane Le Foll présent dans l’assemblée : « Avec nos distributeurs, il faut un peu de carottes et de bâtons. Maintenant, il faut nous donner les moyens d’avoir plus de bâtons ! ».

« Vous avez besoin de me vendre, je n’ai pas besoin de vous acheter ! »