La Sica Saint-Pol a vu ses ventes légèrement augmenter sur la dernière campagne. Elle cherche surtout à diversifier son offre pour répondre aux nouvelles demandes des consommateurs, notamment avec le bio et le sans pesticide, mais aussi avec de nouveaux concepts.
Le chiffre d’affaires de la Sica Saint-Pol (Saint-Pol de Léon, Finistère) a légèrement progressé à 205 M€ (+ 1,5 %) sur la campagne 2016-2017, ont indiqué ses dirigeants, le 6 mars en conférence de presse. Une progression qui s’inscrit dans le « sensible rebond économique en France », ont-ils ajouté. De fait, la campagne 2016-2017 correspond à la moyenne des dix campagnes précédentes. Les 700 exploitations adhérentes (900 producteurs) ont produit au total 230 000 t d’une trentaine de légumes différents pour un chiffre d’affaires de 170 M€ dont la moitié vendue à l’exportation. Le reste de l’activité provenait de l’horticulture d’ornement.
Fort développement en bio
Sans entrer dans les détails de tous les produits dont les résultats varient forcément d’un marché à l’autre, la Sica explique que la campagne en choux (29 % du chiffre d’affaires légumes) a globalement été bonne et que les tomates (27 % du CA) ont perdu un peu de valeur. Mais le plus important se situe dans le développement des produits de diversification (bio, légumes anciens, etc.) pour répondre aux demandes nouvelles des consommateurs.
Exemple : « Avec vingt-six producteurs bio et quatre en conversion, les ventes de légumes bio ont progressé de 25 % et représentent 5 % du chiffre d’affaires total des légumes de la Sica », s’est réjoui Marc Kéranguéven, le nouveau président de la Sica Saint-Pol, élu en janvier en remplacement de Jean-François Jacob, démissionnaire. Et le développement du bio devrait se poursuivre cette année avec vingt-neuf producteurs bio et treize en conversion.
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Du chou-fleur râpé et des jus de légumes
La Sica s’est dotée en mai 2017 d’une cellule de veille d’innovation baptisée Fresh’Nov qui, à travers de multiples échanges avec les chefs de rayon, identifie les signaux faibles de la consommation pour mieux orienter la production. Elle a testé l’an passé la commercialisation de chou-fleur râpé (semoule de chou-fleur) pour rajeunir la consommation de cette brassicacée « dont la moitié des achats sont réalisés par des consommateurs de plus de soixante ans », a souligné le secrétaire général de la Sica, Jean-Michel Péron. Et elle a lancé la production de jus de légumes Green4You dans sa filiale Agrival.
Enfin, la Sica s’est rapprochée des spécialistes bretons de la tomate, Savéol et Solarenn pour créer l’association « Sans pesticides, 100 % Nature » et bâtir un cahier des charges et un label communs. Après les produits de serres, elle envisage d’orienter une partie de sa production de légumes de plein champ vers le zéro pesticide. « Il y aura des choux-fleurs et de l’artichaut, ainsi que des échalotes avec deux nouvelles variétés tolérantes au mildiou, Méloine et Molène, qui nous permettront de réduire les traitements phytosanitaires », précise Marc Kéranguéven.
Bref, la Sica fait feu de tout bois pour développer le maximum de valeur ajoutée pour ses producteurs. Et attend avec impatience de connaître la date du jugement sur le fond de son projet de plateformes de conditionnement qui doivent remplacer quelques-unes de ses plus anciennes stations. Ce projet ancien « doit nous permettre de faire des gains logistiques, mais aussi de mieux servir nos clients en légumes refroidis à 4 °C à cœur le jour de la récolte », poursuit le président de la Sica.