La Commission de Bruxelles compte retirer l’autorisation d’exporter vers l’UE accordée à certains établissements brésiliens du secteur de la viande. Moins d’un mois avant l’arrivée sur place d’une mission d’observation de parlementaires européens, de nouvelles arrestations ont été effectuées au Brésil dans le cadre du scandale de la viande avariée qui a éclaté en mars 2017.
La Commission européenne a soumis aux experts des Vingt-huit un projet de règlement visant à retirer certaines unités de production de la liste des établissements brésiliens dont la viande est autorisée à l’importation dans l’UE. Cette mesure, qui doit encore être votée par les États membres, est liée aux déficiences détectées récemment dans le système de contrôle officiel du Brésil (1).
La police de ce pays a d’ailleurs procédé le 5 mars à de nouvelles arrestations dans le cadre du scandale de la viande avariée qui a éclaté il y a un an, ciblant cette fois des laboratoires accusés de masquer la présence de salmonelle dans les produits du géant de l’agroalimentaire BRF.
Salmonelle
« L’enquête a montré que cinq laboratoires et les secteurs d’analyse de l’entreprise falsifiaient les résultats » au moment de les présenter aux services sanitaires, a expliqué la police fédérale. Selon le ministère de l’agriculture, « la cible principale est la fraude dans les résultats liés à la présence de salmonelle » dans les produits, certains étant destinés à l’exportation dans 12 pays, dont 80 % dans l’UE.
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Cette opération, la troisième depuis que le scandale a éclaté, a mobilisé 270 policiers et 21 agents sanitaires dans cinq États du Brésil. Dix des onze personnes visées ont été arrêtées, dont Pedro de Andrade Faria, ancien p.-d.g. de BRF qui est un des leaders mondiaux de l’agroalimentaire, exportant ses produits dans plus de 120 pays, notamment de la viande de poulet.
Mission parlementaire début avril
Les représentants des groupes de travail bœuf et volaille des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont tenu le 8 mars une réunion de travail avec la délégation de huit eurodéputés, dont Michel Dantin (France), James Nicholson (Royaume-Uni) et Mairead McGuiness (Irlande), qui se rendra du 2 au 6 avril au Brésil, dans les États du Mato Grosso and Mato Grosso do Sul, pour évaluer les normes sanitaires dans les usines de transformation de viande, bovine essentiellement (2). Cette mission d’observation pourrait être suivie de la création d’une commission spéciale parlementaire sur des manquements éventuels dans les contrôles et procédures de certification de la viande destinée à être exportée vers l’UE.
(2) Voir n° 3628 du 22/01/18