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La sous-nutrition, enfant pauvre de l’aide publique au développement

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« Nous demandons 500 M€ d’ici 2020 de la France, dont 200 M€ pour des actions spécifiques à la lutte contre la sous-nutrition chronique », a déclaré Friederick Röder, membre de la campagne Génération nutrition (collectif d’associations), lors d’un colloque sur la lutte contre la sous-nutrition chronique organisé par l’Unicef France et Génération nutrition à Paris, le 9 juin. L’objectif du colloque était de rappeler la nécessité d’augmenter les financements pour lutter contre cette maladie. « Dans le monde de l’aide au développement, nous ne serons efficaces que si nous parlons business et financement », a rappelé Marlyse Rose Douala Bell, députée du Cameroun et secrétaire générale du réseau parlementaire Racine de vie, pour mobiliser les politiques sur la lutte contre la malnutrition. Pour l’heure, la France, « cinquième bailleur d’aide publique au développement du monde », flèche 0,47 % de son aide publique au développement contre la sous-nutrition. La moyenne mondiale est de 1 %. En termes de financement, Rémi Vallet d’Unicef France, a ajouté : « On est très loin du compte. […] À ce rythme, on n’arrivera pas à l’objectif de réduction de 40 % du nombre d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’un retard de croissance d’ici 2025 ».

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La sous-nutrition chronique, responsable de malformations physiques et cérébrales, est « peu connue des chefs d’État. Sa lutte est très mal financée », déplore Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la Santé en France. Face à l’assèchement des caisses des États, Unitaid, présidée par Philippe Douste-Blazy, a par exemple mis en place dans douze pays une taxe d’un euro par billet d’avion payé par le voyageur : « En dix ans, nous avons récolté trois milliards de dollars ». Il a rappelé que d’autres financements innovants sont à l’étude notamment en collaboration avec les pays d’Afrique possédant des ressources extractives types pétrole, gaz et minerai. Ce projet de financement, l’Unit life, propose de récupérer dix centimes d’euro par baril de pétrole produit. « Nous avons un accord de principe en Guinée équatoriale et en République du Congo », explique-t-il.