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Abattoirs/Conjoncture La spécialisation des abattoirs français devrait s’accélérer

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Demandée par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, une analyse des abattoirs de l’Hexagone montre que ceux-ci vont continuer leur marche vers la spécialisation selon les espèces. Un outil industriel en surcapacité, contexte qui éclaire le débat entre les défenseurs de l’exportation de bétail en vif et ceux qui prônent plutôt l’abattage en France afin d’exporter de la viande.

Le réseau des abattoirs français va vers une spécialisation très forte selon les espèces. C’est ce que montrent deux études demandées par le ministre de l’Agriculture, l’une réalisée par le Conseil général de l’alimentation et de l’agriculture (Xavier Ravaud) et la seconde élaborée par le cabinet Blézat Consulting.
L’étude montre que les abattoirs spécialisés ont de meilleurs taux d’utilisation que les multi-espèces. Dans la filière porcine, le taux d’utilisation est de 90% et dans la filière gros bovins, il est de 75%. Les approvisionnements des abattoirs spécialisés semblent être plus efficaces que dans les abattoirs multi-espèces. Par la suite, l’étude élabore plusieurs scénarios concernant l’évolution de la filière à l’horizon 2020. La prévision commune aux trois scénarios est la grande spécialisation des outils d’abattages. Ainsi, les trois scénarios passent par une diminution systématique des abattoirs multi-espèces. Cette tendance laisserait alors plus de place aux abattoirs spécialisés (ovins, porcs, veaux et gros bovins) dont le nombre resterait relativement stable.

Baisse de 21% du nombre d’établissements en dix ans
Par ailleurs, l’activité croissante des abattoirs privés de grande capacité est liée à leur concentration, car leur nombre a diminué. En effet, le tonnage moyen couvert par ces abattoirs est passé de 14 450 tonnes en 1990 à 17 500 tonnes en 2009. Et même si leur proportion par rapport au nombre d’abattoirs de capacité plus faible a augmenté, dans l’absolu, leur nombre a diminué. Entre 2001 et 2010, on a observé une baisse de 21% du nombre total d’établissements avec une fermeture d’abattoirs pour les plus petits sites (moins de10 000 t) et une progression des plus grands (plus de 25 000 t). Cette nouvelle répartition des volumes abattus entre des établissements de capacités différentes va dans le sens d’une concentration des activités d’abattages vers les plus grands (supérieur à 25 000 t).

Surcapacité
Depuis 2001, les volumes abattus diminuent plus rapidement que le nombre d’établissements. Concernant la filière porc, le taux moyen d’utilisation est d’environ 70% et la taille de l’abattoir ne semble pas avoir de conséquence sur ce taux. En revanche, un déséquilibre est observé entre le nord et le sud du territoire, où les abattoirs manquent de plus en plus d’approvisionnement. Dans la filière des gros bovins, au contraire, plus l’AME (Abattoir multi-espèce) est petit, plus son taux moyen d’utilisation est faible (le taux varie entre 40 et 65%). Cela révèle la fragilité des abattoirs de petite capacité (moins de 1000 t) par rapport aux abattoirs de grande capacité. Ce phénomène est surtout localisé dans les régions du Sud, du Centre et de Franche-Comté.

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