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G 20 agricole « La spéculation n’est pas la principale cause de la volatilité »

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Et si le G 20 agricole qui va s’ouvrir à Paris dans une dizaine de jours accouchait d’une souris ? C’est sans le dire tout haut ce que pensaient tout bas, Laurent Levard, pour Coordination Sud, et Franck Galtier, économiste au Cirad. « Paris ne va pas se transformer en capitale de la régulation », a lancé Laurent Levard dans le cadre d’un débat organisé par l’AFJA, le 7 juin. Pour Franck Galtier, « la spéculation sur les marchés à terme n’est pas la principale cause de la volatilité des prix ».

Pour Frank Galtier, le fonctionnement du G 20 ne plaide pas en faveur de solutions « audacieuses » sur la volatilité des prix agricoles. Plusieurs documents en préparation se montreraient sceptiques sur la survenue d’un « grand soir » de la régulation. Néanmoins, ce qui peut être fait dans le cadre du G 20, selon Frank Galtier, est susceptible de concerner les marchés à terme même s’il estime que, « la spéculation sur les marchés à terme est la cause la moins importante de volatilité sur les marchés internationaux ». Pour lui, les opérateurs ne seront jamais favorables à plus de transparence. Mais l’économiste avance un argument qui consiste à dire que l’augmentation de « la liquidité » de ces marchés, avec l’intervention de plus en plus d’opérateurs, aurait dû faire baisser les coûts d’assurance. « C’était le bénéfice attendu, or il ne s’est pas réalisé », avance Frank Galtier. Il est favorable « aux limites de positions car sans ce cadrage, on n’a pas réduit les coûts de couverture », résume-t-il. Le plafonnement du nombre d’opérateurs existe aux Etats Unis.
Concernant la question des stocks, il ne croit pas que le G 20 puisse plaider pour des stocks régulateurs. « C’est exclu », avance-t-il. Tout au plus, les Etats arriveront à se mettre d’accord « au minimum » sur des stocks de sécurité. L’idée est que les pays soient à même de « couvrir un nombre de mois de leur consommation intérieure » par ce type de stocks mais rien ne semble acquis sur ce sujet.
Sur la question des biocarburants, Franck Galtier et Laurent Levard sont d’accord pour dire qu’ils ont joué « un rôle prépondérant » lors des dernières crises alimentaires. Ils sont « peu rentables » et « sous perfusion », ajoute Frank Galtier. C’est un problème aux Etats-Unis, au Brésil mais aussi en Europe, résume-t-il.

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