Les organisations agricoles, principalement celles du syndicalisme majoritaire, ont plutôt bien accueilli les positions annoncées par le président de la République à l'occasion de sa conférence de presse du 14 janvier.
Le syndicalisme majoritaire est plutôt pour, les minoritaires, plutôt déçus par les propos tenus par François Hollande lors de sa conférence de presse le 14 janvier. Dans un communiqué et une déclaration vidéo de Xavier Beulin, la FNSEA a estimé que les propos tenus par le président de la République le 14 janvier « vont dans le bon sens. » Xavier Beulin note quatre points mis en avant qui lui paraissent positifs. D'une part, le fait de « remettre l'économie et l'entreprise au cœur des préoccupations des Français », incluant la suppression des cotisations patronales pour les allocations familiales. Xavier Beulin affirme que le syndicat sera attentif à ce que cela concerne les salariés mais aussi les non-salariés agricoles. En second lieu, la volonté de simplification est saluée, à condition que cela se traduise vraiment « par des actes ». Troisièmement, la décentralisation évoquée, peut-être l'occasion d'une « meilleure efficacité des pouvoirs publics locaux ». Enfin, l'insistance à « revitaliser le couple franco-allemand » est jugée très positive, notamment si cela passe par « une harmonisation sur le plan économique, fiscal et social », comme le montre la décision sur l'instauration d'un salaire minimum dans les métiers de l'abattage.
Philippe Pinta : les propos de F. Hollande rejoignent les propositions d'Orama
Le président d'Orama (producteurs de grandes cultures) Philippe Pinta a rebondi, dans une déclaration du 15 janvier, aux propos du président de la République la veille, estimant que « le principal problème de la France c'est sa production… Il nous faut produire plus, il nous faut produire mieux ». Selon Philippe Pinta, « c'est dans ces termes exacts qu'à Orama nous présentons depuis des mois aux pouvoirs publics notre ambition pour les grandes cultures françaises, secteur qui, avec ses partenaires de filières, génère d'importants excédents commerciaux et beaucoup d'emplois. » Et de citer le plan de compétitivité proposé au ministre de l'Agriculture et que celui-ci a mis à l'étude.
La Confédération pour une autre production
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François Hollande défend une production de masse, avec des objectifs d'exportation et de grand commerce, ce n'est pas ce qui nous semble souhaitable, explique Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne. Et de plaider plutôt pour une relocalisation de la production, à destination d'un marché local. Le porte-parole de la Confédération craint bien qu'une telle production de masse, appliquée à l'agriculture, ne puisse un jour justifier une ferme comme celle des 1000 vaches contre laquelle lutte son syndicat actuellement. « Le cycle compétitivité, croissance, économie d'échelle, ce n'est pas comme cela qu'on sauvera l'emploi durable, explique-t-il. D'autant que si on mise sur l'exportation on risque de subir la concurrence étrangère. »
La Coordination demande des actes
Bernard Lannes, pour sa part, reste dubitatif. Si le président de la Coordination rurale considère que les propos de François Hollande vont plutôt dans le bon sens, « il faudra surtout mettre en face des actes », affirme-t-il. Pour Bernard Lannes, on serait actuellement « dans un choc de complexification plutôt qu'un choc de simplification. » De plus, insiste-t-il, suite aux modalités de réforme de la Pac, « beaucoup d'éleveurs intensifs qui sont aussi employeurs vont devoir licencier leur personnel ». Bernard Lannes est également sceptique sur l'acceptation d'un salaire minimum par les Allemands. « Ils vont faire semblant de rentrer dans le rang, juge-t-il. Mais ce sera très dur de reprendre des parts de marché ». Au total, pour Bernard Lannes, les propos du président de la République étaient davantage destinés aux salariés, notamment de l'agroalimentaire, qu'aux exploitants eux-mêmes.