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Réforme de la Pac La Suède estime fragile l’appel de Paris pour une politique agricole « forte »

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Répondant aux journalistes à la fin du Conseil agricole de l’UE le 16 décembre, le ministre suédois de l’agriculture, Eskil Erlandsson, qui assure la présidence de l’Union, n’a pas apprécié outre mesure l’initiative de la France d’exclure un certain nombre de pays pour débattre de l’avenir de la Pac. Selon lui, les 22 pays qui ont signé l’appel de Paris le 10 décembre en faveur d’une politique agricole et alimentaire « forte » sont loin de partager le même point de vue sur le plan budgétaire.

Il existe des points de vue très différents entre les 22 Etats membres sur la manière dont devront être répartis les fonds agricoles, a indiqué en substance M. Erlandsson. « Si l’on commence à parler finances c’est là que les divergences commencent à apparaître de manière évidente, a-t-il déclaré. « Que des pays qui partagent le même point de vue se réunissent et discutent c’est quelque chose de naturel et de positif, a-t-il poursuivi, mais si l’on parle d’une politique commune il me semble important que tous les acteurs, petits et grands, participent au débat ainsi que ceux qui ont des avis différents ». Outre la Suède, le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas et Malte n’ont pas participé à la réunion de Paris.
Plus consensuelle, Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, a admis la légitimité de la réunion de Paris qui, selon elle, constitue « une réaction naturelle » après la publication en novembre dernier par le secrétariat général de l’UE d’un document sur les perspectives financières prévoyant une très forte réduction des dépenses agricoles. La commissaire n’en n’a pas moins minimisé la portée de la déclaration de Paris en rappelant que la présentation de propositions est de « la compétence exclusive de la Commission européenne » et que « cela ne changera pas ».

Onze ministres réunis en marge du Conseil agricole
Onze Etats membres ( Pologne, Chypre, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lituanie, Lettonie, Malte, Slovénie, Slovaquie et Finlande) se sont réunis le 16 décembre à Bruxelles, à l’initiative de la Pologne, en marge du Conseil agricole, pour évoquer la question des aides directes. Selon la Pologne, l’appel de Paris n’aborde pas suffisamment en profondeur ce dossier très sensible pour les pays de l’est, qui sont favorables à une égalisation des paiements directs. Le ministre polonais de l’agriculture, Marek Sawicki, a indiqué son intention d’inviter les 22 pays signataires de Paris à la mi-janvier à Varsovie afin de poursuivre les discussions sur l’avenir de la Pac.

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