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Céréales La suppression des droits de douanes céréaliers est maintenue

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Le 30 décembre, la Commission européenne a de nouveau reconduit la suppression des droits de douanes céréaliers européens. Si la mesure surprend l’AGPB du fait d’un contexte de marché qui a évolué, c’est surtout l’impact de ces taxes qui laisse perplexes les opérateurs de marché.

La suspension des droits de douanes céréaliers européens a été reconduite le 30 décembre dernier. Une décision qui a surpris l’AGPB (regroupant les producteurs de blé), l’association estimant que les conditions qui ont poussé les autorités européennes à mettre en place cette suspension ne sont plus d’actualité. La mesure avait en effet été décidée en mars 2011, lorsque les prix du blé tenaient de nouveaux records à plus de 270€/tonne sur du rendu Rouen. Fin juin, elle avait été prolongée jusqu’au 30 décembre, tandis que les perspectives alarmistes dans un contexte de sécheresse laissaient craindre des rendements catastrophiques. Depuis, les précipitations espérées sur les cultures ont eu lieu, permettant une progression de 10Mt de la production céréalière française par rapport à la campagne précédente. La production de maïs, qui a pleinement profité des conditions climatiques sur la période estivale, a même atteint un nouveau record à 65Mt, avec des rendements de plus de 100 q/ha. Tout au long de ces derniers mois, les prix se sont d’ailleurs largement détendus, atteignant les 175€/tonne sur du rendu Rouen, explique l’AGPB dans sa lettre d’information du mois de décembre.

Nouvelles craintes sur le marché mondial

Seulement, les prix ont repris le chemin de la hausse depuis la mi-décembre, se rapprochant de nouveau de la barre des 200€/tonne, à 195€/tonne sur du rendu Rouen (prix la Dépêche le Petit Meunier du mercredi 4 janvier). Selon un opérateur, la Commission européenne a surtout voulu éviter une flambée des prix en laissant une fenêtre de tir sur les importations en 2e partie de campagne, tandis que les exports russes risquent de s’essouffler après un début de campagne hyperactif. Mais malgré le maintien de la suppression des droits de douanes, les prix ont connu une nouvelle inflation sur cette première semaine de l’année. Les yeux sont en effet tous rivés sur le Brésil et l’Argentine où la floraison du maïs et du soja inquiète du fait de la sécheresse. Même constat concernant les semis de blé argentin qui prennent du retard sous ces conditions climatiques arides. Plus que les droits de douanes, c’est donc un weather market qui a débuté avec anticipation le 15 décembre dernier et qui tient encore les rênes du marché.

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