« 2007 a été une bonne année pour les coopératives d’insémination animale », si l’on en croit Serge Paran, président de l’Union nationale des coopératives d’élevage et d’insémination animale (UNCEIA). Réunies en assemblée générale le 20 février à Paris, elles ont pu notamment faire un bilan de la première année de libéralisation du secteur. Serge Paran nous répond sur les conséquences de cette évolution, sur les actions de l’interprofession et la mise en place de la sélection par la génomique.
Cela fait aujourd’hui un peu plus d’un an que le secteur de l’insémination animale a été libéralisé en France. Quel premier bilan faites-vous ?
Il n’y a pas eu de bouleversement majeur pour l’instant. 2007 a même été une bonne année pour les coopératives en matière d’insémination, puisque nous n’avons perdu que 0,5 % contre 3 % d’habitude. Nous n’observons pas de forte concurrence sur le terrain. Les inséminateurs libéraux n’ont pas beaucoup bougé. En revanche, nous constatons une légère progression des inséminations par l’éleveur. Nous sommes confiants pour l’avenir car la hausse puis la suppression des quotas laitiers devrait nous assurer de bonnes années encore. Parallèlement, le secteur poursuit ses restructurations avec une augmentation des fusions ou d’alliances entre coopératives. C’est le cas notamment de Gen’Adour qui regroupe aujourd’hui les coopératives d’insémination des Landes, du Gers et du Pays basque. Des discussions sont également en cours pour renforcer l’alliance des coopératives de Créavia en Bretagne et Pays de Loire. De son côté, l’union Amélis vient de fusionner ses coopératives.
L’interprofession France génétique élevage a vu le jour en mai 2006. Quelles actions prévoit-elle de mettre en place et avec quel financement ?
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Le but de l’interprofession est de gérer le dispositif génétique collectif. Nous sommes en train de récupérer le système d’information génétique, qui était auparavant détenu par l’Etat. Nous serons désormais copropriétaires avec l’Etat. Nous travaillons actuellement sur la mise en place de nouvelles normes qualitatives, plus contraignantes mais aussi plus bénéfiques pour les éleveurs. Quant au financement, le ministère nous a annoncé qu’il devrait baisser en 2008 le fonds de financement pour la génétique française. En 2007, il se chiffrait à 13 millions d’euros. Nous avons obligatoirement besoin aujourd’hui d’un financement collectif professionnel, soit direct par l’intermédiaire d’une cotisation, soit indirect via le fonds national de l’élevage.
Vous avez insisté lors de l’assemblée générale sur les nouvelles possibilités offertes par la génomique. En quoi cela consiste-t-il ?
L’analyse du génome nous offre des perspectives extrêmement intéressantes. Nous faisions jusqu’à présent de la génétique quantitative en prenant une bonne vache et un bon taureau au départ. Mais c’était un dispositif lourd et coûteux avec énormément de déperditions. Avec la sélection assistée par marqueur, nous allons obtenir un index génomique. Mais il nous faudra confirmer sa précision durant quatre à cinq ans avant de pouvoir véritablement l’utiliser. Cela nous permettra de réaliser des économies et d’analyser mieux et plus vite.