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Viande/Acquisition La survie de Saveurs occitanes (ex-Spanghero) s’annonce problématique

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Les repreneurs de la société Spanghero se montrent beaucoup moins optimistes quant à l’avenir de Saveurs occitanes (ex-Spanghero), dont le sort est désormais totalement lié à l’acceptation par les banques d’un abandon de trois quart des 11 millions d’euros qui leur sont dus au titre d’un crédit bail. « Faute de quoi, nous jetterons l’éponge », estime Didier Jug, directeur général délégué d’Investeam, l’un des trois investisseurs participant à la reprise, qui met en cause l’arrêt, le 30 juin, du contrat avec Lidl.

Après l’acceptation par le tribunal de commerce de Carcassonne, le 5 juillet dernier, de l’offre de reprise de la société Spanghero par trois investisseurs, Didier Jug se montrait confiant, et nous déclarait espérer parvenir à l’équilibre dès la fin du premier exercice (voir Agra alimentation du 11 juillet). Cette semaine, le discours a nettement changé et le dirigeant du fonds Investeam, qui apporte 700 millions d’euros, tout comme Laurent Spanghero et le promoteur immobilier Jacques Blanc, estime que la relance de l’entreprise s’apparentera à une mission impossible si les banquiers (Oséo, Société Générale et CM-CIC) refusent d’effacer une partie de la dette. Celle-ci, liée à un crédit bail immobilier, se monte à 11 millions d’euros, que les créanciers ont accepté d’étaler sur 22 ans, mais sans revoir le montant à la baisse, comme l’avait souhaité le projet concurrent porté par le groupe Delpeyrat. Ce dernier jugeait irréaliste de pouvoir relancer la société sans un abandon de créance significatif. Un avis que partage Didier Jug maintenant que Saveurs occitanes est privée de son contrat Lidl. Il estime ainsi que les trois-quarts de la dette doivent être abandonnés. « Nous devons faire comprendre aux bailleurs que la relance ne peut se faire sans cela, et nous allons leur communiquer prochainement notre nouveau plan prévisionnel», nous explique Christophe Léguevaques, avocat conseil des repreneurs.
 
La faute à Lidl ?
Ce nouveau plan financier devra donc prendre en compte le non-renouvellement du contrat d’achat que Lidl avait avec la société Spanghero et qui est arrivé à son terme au 30 juin. Cette éventualité n’avait pas été prise en compte dans le projet soumis au tribunal et approuvé par les juges consulaires. « Il nous faut réajuster la taille économique du projet », estime Dider Jug. On peut s’étonner que les repreneurs n’aient pas pris en compte cet élément plus tôt, le non-renouvellement étant quasiment acquis, ce qui expliquerait même que la société Deveille ait pris ses distances dans sa volonté de reprendre l’activité d’abattage de viande aux côtés de Delpeyrat pour les plats cuisinés. Reste à persuader les banques, ce qui semble autrement plus difficile que de convaincre l’administrateur judiciaire de revoir la liste des gens licenciés pour ne pas se priver des compétences indispensables pour relancer la production. L’administrateur a donné satisfaction à Laurent Spanghero qui reprendra 5 personnes de plus que les 90 initialement prévues. Une masse salariale supplémentaire qui pèsera encore davantage sur les besoins en fonds de roulement, ce qui ne rassurera guère les banquiers. La décision de ceux-ci interviendra dans les semaines à venir, en pleine torpeur estivale.

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