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La technologie, moteur de la tertiarisation de l’agriculture

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L’agriculture, secteur primaire de l’économie, est entrée dans le secteur tertiaire, celui des services. Entreprises des travaux agricoles, opérateurs télécoms, informaticiens… tout le monde veut s’occuper d’agriculture. Lors de l’université de Bayer à Paris, le 4 février, les professionnels ont donné une vision de l’agriculture de demain. Plus technologique que technique.

« On peut imaginer que l’agriculteur soit un simple sous-traitant de groupes qui détiennent de grandes bases de données… », interpelle Jean-Dominique Seval, directeur général adjoint d’Idate Digiworld, lors de l’université de Bayer CropScience France à Paris, le 4 février. Ce scénario est loin d’être impossible. La ferme « numérique » existe déjà et toute l’effervescence qui tourne autour des données de masse, le fameux Big data, est une réalité. « Nous sommes entrés dans un nouvel âge, celui de la surveillance », explique M. Seval. L’agriculteur passait déjà du temps à surveiller ses cultures et ses animaux. « La surveillance va être amplifiée par des capteurs et des drones », continue le spécialiste de l’économie du numérique.

Faire faire

L’agriculteur doit aujourd’hui passer du temps à se former pour prendre en main ces nouvelles technologies. Cela donne des idées à d’autres. Pierre-Henri Hamon, directeur du réseau Cleo, explique le service qu’il propose : « Les agriculteurs ont parfois du mal à investir du temps pour maîtriser les nouveaux outils ». Les ETA et le réseau Cleo se proposent de le faire à leur place en utilisant les dernières technologies. Ce service a un prix. « Un agriculteur épand lui-même pour un coût de 18 euros par hectare. S’il le fait faire par une entreprise des travaux agricoles, ça lui coûtera 26 euros par hectare », illustre-t-il en ajoutant : « Mais il fait des économies d’intrants, il a des rendements plus grands… ».

Intelligence artificielle

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Les agriculteurs utilisent déjà ces technologies. Dans ce cas, il n’externalise pas, mais la numérisation leur apporte une aide à la décision. Mis à part les conseils techniques donnés par les opérateurs économiques, elle est de plus en plus élaborée par des logiciels agricoles embarqués dans les drones. Le concept « d’intelligence artificielle » est presque naturel dans les débats sur l’agriculture de demain, comme dans d’autres secteurs. L’entreprise Smag propose des « Google glass » pour travailler dans les parcelles : « Cela permet de simplifier la saisie de données », présente Olivier Descroizette, directeur du pôle services agro-environnementaux chez Smag (système d’information et logiciels pour l’agriculture). Pour ces sociétés de services, l’aboutissement de la numérisation est de faciliter le travail des agriculteurs. Les industriels s’y mettent aussi. Pour Franck Barnier, président de Bayer France, si « la transformation numérique s’accélère, ce n’est pas nouveau ». La firme d’agrochimie entend prendre le train en marche. « L’innovation est à tous les niveaux. Nous pouvons aussi proposer des applications pour smartphones », illustre-t-il.

J.- D. Seval : « Nous sommes entrés dans l’âge de la surveillance »

Bayer CropScience lance un appel à projet pour les agriculteurs

« L’appel à projet est ouvert aux agriculteurs jusqu’à fin avril », a annoncé Constance de Quinsonas, directeur de marque chez Bayer CropScience, lors d’une conférence de presse à Paris, le 4 février. Bayer CropScience vient de lancer un appel à projet intitulé « Better idea ». Cette initiative a pour objectif de « concrétiser les bonnes idées du monde agricole ». Cinq gagnants seront désignés par les internautes et par un jury composé de professionnels et de représentants de la société civile. Ils recevront une dotation de 5 000 euros, ainsi qu’un accompagnement d’experts pour réaliser leur projet.