Les dégâts sont considérables pour les légumiers bretons après le passage de la tempête Ciaran. Les cultures de printemps et d’été pourraient être compromises.
La tempête Ciaran qui a frappé la Bretagne dans la nuit du 1er à 2 novembre a eu d’importantes répercussions sur l’activité maraîchère de la région. Contacté par Agra Presse, au lendemain du passage de la tempête, Olivier Sinquin, directeur de la Sica de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), reconnaissait que les fortes rafales de vent (jusqu’à 150 km/h dans le Trégor côtier) ont causé beaucoup de dégâts matériels : « D’après nos premières évaluations, rendues difficiles par l’interdiction de circuler en Finistère, il y a une grande hétérogénéité entre les zones de production. Le Nord Finistère a été très touché, les Côtes d’Armor et l’Ille-et-Vilaine aussi mais moins » C’est ce qu’a confirmé le Cerafel (Prince de Bretagne) dans un post sur les réseaux sociaux : « On déplore des dégâts sur les cultures et sur les bâtiments. En plein champ, c’est le cas pour les surfaces de choux, notamment avec des plants couchés comme si un rouleau était passé dessus ».
Culture d’hiver en partie perdue
Les serres ont aussi été fortement touchées. « Trois quarts des serristes ont leur outil de travail endommagé, a expliqué Marc Kerangueven, président de la Sica au quotidien Le Télégramme le 6 novembre. Dans les serres verre, cela va, selon les exploitations, de quelques carreaux cassés, à un hectare entier à reconstruire. Entre les producteurs de la Sica et ceux des Maraîchers d’Armor, c’est, au bas mot, 8 000 carreaux qui sont à changer. Avant cela, il va falloir ramasser les débris de verre dans les allées, morceau par morceau… » Certaines stations de conditionnement de la coopérative ont aussi été touchées avec des portes et des morceaux de toiture envolés, causant plus ou moins de dégâts à l’intérieur des bâtiments. Des destructions sont aussi enregistrées pour les abris froids (tunnels pliés ou abîmés, surfaces totalement à découvert).
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« La tempête a entièrement détruit notre outil de travail, a expliqué à l’AFP une maraîchère bio au sud du département, à Plougastel-Daoulas. Pourtant, on est dans le Finistère, on est habitué aux tempêtes. » Ses tunnels de culture (estimés à 8 000 euros l’unité) étaient pourtant « conçus pour supporter des vents de 180 km/h » mais ne sont pas couverts par les assurances. Les cultures d’hiver de la maraîchère sont déjà perdues. « Si dans trois semaines, on n’a pas remonté nos tunnels, il n’y aura pas de production au printemps (petits pois, pommes de terre nouvelles, radis, salades, carotte…) », explique-t-elle. De plus, les semis d’été (tomates, aubergines, poivrons, melon, pastèque, concombre, etc.) sont eux aussi cultivés sous tunnels. Le 8 novembre, la Région Bretagne a annoncé le déblocage d’un million d’euros pour aider à la reconstruction des outils de travail des légumiers touchés par la tempêt