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Foncier agricole La terre à bâtir s’arrache au prix fort

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Les résultats de l’enquête annuelle des Safer sur le marché foncier rural, rendue publique le 27 avril, montrent que le marché de l’espace rural destiné à être transformé en infrastructures goudronnées et bétonnées, routes, voies de TGV, zones d’activité ou terrains à bâtir, etc.) continue son «irrésistible envolée».

En 2003, le marché foncier de l’espace rural a porté sur 580 000 hectares, soit une petite hausse de 0,9%, ce qui représente une valeur de 11,8 milliards d’euros, soit une hausse de près de 13% par rapport à 2002, ont indiqué les Safer hier. Pourquoi un tel écart ? Parce que dans le marché de l’espace rural, certains sous-marchés sont plus dynamiques que d’autres. Le marché des terres agricoles proprement dites (en vue d’une exploitation agricole) est le premier en surface (69%), mais seulement le deuxième en valeur (28%), derrière le marché résidentiel et de loisirs : il a représenté 3,35 milliards d’euros, alors que le marché résidentiel a atteint six milliards, avec 51 500 hectares seulement.

«Seules les vignes sont capables de concurrencer les terres à bâtir»

Le prix moyen d’un hectare de terre demandé pour des projets d'infrastructure ou de terrain à bâtir est passé en un an de 43 900 à 51 900 €. Cette voracité n’est pourtant pas à mettre au compte d’une croissance économique exceptionnelle où fleuriraient des usines un peu partout (on constate plutôt le mouvement inverse), pas plus que d’une démographie galopante. «À titre de comparaison, l’Allemagne consomme deux fois moins d’espace que la France à taux de croissance économique et démographique égaux», fait-on remarquer chez les Safer. Le prix moyen d’un hectare non bâti pour un objectif résidentiel ou de loisir est passé quant à lui de 24 700 à 30 100 € de 2002 à 2003.

Le marché des terres agricoles contient un compartiment dynamique : le prix des vignobles. «Le marché des vignes en 2003 a été très actif. Il a progressé tant en surface (+7,3%) qu’en valeur (+ 12,8%) par rapport à 2002», constate l’étude annuelle des Safer. Cette progression ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 1994, la valeur du marché des vignes est passée de 200 millions d’euros à plus de 500. « Seules les vignes sont capables de concurrencer les terres à bâtir», notamment les vignes AOC, a fait remarquer Antoine de Boismenu, directeur de la Fédération des Safer.

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André Thévenot, président de la Fédération nationale des Safer, a déclaré : « Il est indispensable que notre pays définisse clairement des orientations globales en matière de gestion des territoires de façon à ce que les collectivités territoriales puissent conduire des politiques foncières durables. Pour leur part, les Safer poursuivront leur contribution aux projets locaux, en partenariat avec l’ensemble des acteurs de l’espace rural».

Repères

Le marché de l’espace rural (580 000 hectares) comprend le marché des terres agricoles proprement dites, en vue d’une exploitation agricole (400 000 hectares échangées en 2003), le marché forestier (80 000 hectares), le marché des landes et friches (15 000 hectares), le marché de l’espace destiné à des infrastructures (34 000 hectares) et le marché de l’espace résidentiel et de loisirs (51 500 hectares).