Le 30 septembre, ont été inaugurés à Toulouse les nouveaux locaux du laboratoire Lara Europe Analyses, spécialisé dans la sécurité alimentaire. A cette occasion, de nombreux professionnels de l’agroalimentaire et de la distribution s’étaient donné rendez-vous pour un colloque intitulé « Traçabilité 2005 : bien comprendre pour mieux s’y préparer ». Les conséquences de la nouvelle réglementation qui entrera en vigueur le 1er janvier 2005 ont été au centre des débats.
De nouvelles règles de traçabilité, régissant les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires, seront instaurées à partir du 1er janvier 2005, après l’entrée en vigueur du règlement européen n°178/2002 du 28 janvier 2002. L’article 18 précise que la traçabilité des denrées alimentaires, des aliments pour animaux, des animaux producteurs de denrées alimentaires et de toute autre substance destinée à être incorporée dans des denrées alimentaires devra être établie à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution. Les exploitants du secteur alimentaire et du secteur de l’alimentation animale devront disposer de systèmes et de procédures permettant d’identifier leurs fournisseurs et leurs clients. Le cas échéant, ils mettront ces informations à la disposition des autorités compétentes. L’article 19 définit quant à lui les responsabilités des exploitants en matière de traçabilité et de sécurité alimentaire.
Valoriser la traçabilité
Si de nombreux professionnels de l’agroalimentaire s’accordent à dire, dans l’ensemble, que le renforcement de la traçabilité est une bonne chose pour l’alimentation humaine, ils craignent cependant une concurrence plus rude pour les produits qu’ils commercialisent. Le directeur d’Avigers (volailles fermières du Gers), Pierre Buffo, craint qu’une plus grande traçabilité pour tous les produits alimentaires, « dévalorise les labels rouges », qui avaient été précurseurs en la matière. Thierry Ponthieu, directeur général de Bonduelle Private Label (marques distributeurs), rappelle que la traçabilité « a un coût » et que cela « devrait se répercuter sur les prix de vente ». « Mais la grande distribution exerce une telle pression que si nous voulons survivre, nous sommes condamnés à faire des prix bas, pour nous aligner sur les produits étrangers, beaucoup moins contrôlés », explique-t-il.
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Les clients ont donc un rôle important à jouer. En effet, à chaque sondage, les Français montrent qu’ils sont très attachés à une alimentation saine. Or, ceci ne se traduit pas dans les achats des ménages. « Les consommateurs savent ce qu’ils devraient acheter, mais ne le font pas systématiquement », explique Jean-Louis Lambert, chercheur à l’ENITIAA. « Tout est histoire de communication », pense de son côté Yves Cazaux, p-d.g. de deux magasins Intermarché. L’image rassurante de la traçabilité devra donc être valorisée pour faire vendre des produits parfois plus chers. La communication peut souvent faire des merveilles sur les ventes, nous l’avons vu encore récemment, avec les produits « saveurs de l’année », qui relèvent d’une opération pour bonne part marketing.