Abonné

Energies renouvelables La transition énergétique débattue au colloque des énergies renouvelables

- - 4 min

La 14e édition du colloque des énergies renouvelables (ENR), organisée le 7 février à Paris par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), était placée sous le signe de la transition énergétique et c’est bien ce sujet qui a été largement abordé tout au long de la journée.

L’ambiance était singulière, lors du colloque des énergies renouvelables (ENR), organisée le 7 février à Paris par le Syndicat des énergies renouvelables (SER). D’abord, cette 14e édition était placée sous le signe et le label de la transition énergétique, sujet abondamment débattu lors de la journée. Ensuite, le SER accueillait la ministre de l’Ecologie Delphine Batho et son homologue allemand Peter Altmaier, le jour même où les deux ministres ont signé un accord de coopération entre les deux pays sur les énergies renouvelables.

Soutien politique franco-allemand

« Maintenant, vous allez avoir un soutien politique beaucoup plus fort que par le passé », a assuré Peter Altmaier, le ministre allemand de l’Environnement. « Et nous ferons tous les efforts nécessaires pour que vos messages soient entendus par les dirigeants qui, à travers le monde, s’occupent des questions d’énergie. » Pour autant et comme toujours, ce colloque n’affichait pas uniquement le beau fixe, et restait l’occasion de pointer ce qui ne va pas. « Il faut bien constater que si rien ne change, la France ne respectera pas les objectifs fixés pour 2020 » d’atteindre 23% d’énergies renouvelables dans son mix énergétique, a souligné en introduction du colloque Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables. Tout au long de la journée, les intervenants ont souligné le besoin d’un cadre cohérent, stable et simplifié pour les énergies renouvelables. Une nouvelle fois, la France s’auto-proclame mauvais élève en matière de difficultés administratives.

La biomasse dynamique

Côté chiffres, selon le dernier bilan du SER, les ENR ont représenté en 2012 21,7 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) réparties en 12,7Mtep de chaleur, 8,2 Mtep d’électricité et 2,8 Mtep pour les biocarburants. Déjà bien assise, la biomasse représente plus de la moitié de la production d’énergie renouvelable. Particulièrement dynamique, la partie biomasse-électricité sera amenée à doubler dans les 7 prochaines années pour atteindre l’objectif posé pour 2020 : 1,2 Mtep (pour la production d’électricité à partir de biomasse). Quant au fonds chaleur, il « aurait dû être de 500 millions d’euros et n’est que de 220 millions d’euros, c’est un frein », a commenté Cyril Le Picard, président de France Biomasse énergie, la branche biomasse du SER. L’enjeu principal, poursuit-il, est la mobilisation du bois, donc l’organisation de cette mobilisation avec les acteurs de la filière. En particulier, en sensibilisant les 3,5 millions de propriétaires privés. Deux questions qui se posent aussi dans le cadre de la réflexion dans la réflexion sur la loi d’avenir pour l’agriculture et la forêt.

Le photovoltaïque en sursis

Quant au photovoltaïque, « après des années de matraquage, une petite fenêtre s’ouvre », a noté Arnaud Mine, vice-président du SER. Mais les mesures d’urgence annoncées par Delphine Batho « ne sont pas à la hauteur des enjeux réels du photovoltaïque ». L’objectif, réajusté, est désormais de 5 400 MW alors qu’il faudrait viser les 20 000 MW, estime Arnaud Mine. Il a tenu à retoquer deux idées courantes : celle selon laquelle le photovoltaïque est cher (elle est presque à la « parité réseau », a-t-il soutenu) et celle selon laquelle il va nécessairement de pair avec l’importation de panneaux solaires d’origine asiatique.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.