Abonné

Industrie agroalimentaire La transparence des prix, préoccupation des ministres de l’Agriculture

- - 3 min

La transparence des prix, le retour à l’équilibre des pouvoirs dans la chaîne d’approvisionnement et l’innovation ont été les points clefs soulignés par les ministres de l’agriculture de l’UE lors d’un échange de vues, le 7 septembre à Bruxelles, sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire. Le débat était basé sur trente recommandations formulées en mars dernier par un groupe de réflexion à haut niveau créé en 2008 par la Commission européenne (1).

Mariann Fischer Boel a réaffirmé, lors de l’échange de vues des Vingt-sept, qu’il revenait aux autorités nationales compétentes de surveiller l’évolution des prix alimentaires, afin de favoriser un dosage équilibré entre les intérêts du consommateur et ceux des agriculteurs. La commissaire européenne a ainsi relevé le décalage entre la baisse de 14 % des prix des matières premières et celle de 2 % seulement qui s’en est suivie dans les rayons des supermarchés.
Elle a par ailleurs souligné devant la presse que la Commission présenterait en novembre une communication « de suivi » des prix alimentaires.
Une nouvelle réunion du groupe à haut niveau (représentants de la Commission, des Etats membres, du Parlement européen, de l’industrie alimentaire, du secteur agricole, de la vente au détail et des consommateurs) se tiendra au cours du premier semestre de 2010.

L’Allemagne contre la bureaucratie, l’Italie contre la spéculation
Au cours de l’échange de vues des ministres, l’Allemagne a mis en garde contre une régulation trop poussée de la chaîne agroalimentaire et l’excès de bureaucratie qui en découlerait. Pour sa part, l’Italie a estimé que des dispositions devraient être prises pour éviter la spéculation sur les produits alimentaires, qu’elle a qualifiée de « pratique malsaine ».
Quant au ministre français, Bruno Le Maire, il a insisté sur la nécessité de restaurer l’équilibre des pouvoirs dans la chaîne alimentaire, mais aussi de tenir compte des aspects sociaux liés aux prix, appelant à ce propos la Commission à harmoniser les règles concernant les niveaux de rémunération des travailleurs saisonniers provenant de pays tiers.

La France pour une harmonisation du coût du travail
Auditionné le 2 septembre à l’Assemblée nationale, le ministre français de l’agriculture avait annoncé qu’il demanderait à Bruxelles une commission d’enquête européenne sur les coûts du travail saisonnier. Cette démarche a pour but d’examiner officiellement les différences de coûts du travail dans le maraîchage et l’arboriculture dans les pays de l’UE et de passer au crible le travail au noir, courant chez certains partenaires européens selon Paris.
Le coût horaire « est de 13 euros en France, contre 7 en Espagne et 5 en Allemagne », a rappelé M. Le Maire, qui compte ainsi poser les premiers jalons d’une harmonisation européenne des coûts du travail.

(1) Voir n° 3216 du 07/09/09

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Industrie agroalimentaire
Suivi
Suivre
Commission européenne
Suivi
Suivre