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Stratégie La Tunisie développe ses produits du terroir les plus typiques

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Faire reconnaître et valoriser l’excellence et l’authenticité des produits du terroir tunisiens, telle est la mission du projet Pampat lancé par l’organisation des Nations unies pour le développement industriel avec l’appui du Gica, le groupement des industries des conserves alimentaires.

« Des sirops sans sucre à base de figues de Barbarie bio transformées par des agricultrices tunisiennes, de l’huile de pépin de figue de Barbarie, de la harissa, labellisée produit phare de la cuisine tunisienne sous le label Food Quality Label etc. Les produits du terroir tunisien font leur entrée dans les boutiques spécialisées en produits bio et dans les épiceries fines à Tunis et sur la côte touristique tunisienne, notamment à Sousse. On compte ainsi plus d’une trentaine de points de ventes à Tunis. Il y a un réel intérêt pour les produits du terroir en Tunisie », expliquent Nuria Ackermannn, coordinatrice du projet Pampat, et Lamia Chekir Thabet, experte nationale principale en accès aux marchés au sein de l’Onudi (Organisation des Nations unies pour le développement industriel). Le projet Pampat qui a démarré en octobre 2013, est un programme géré par l’Onudi sur un financement suisse. Il doit aider à la valorisation reconnue de tous les produits du terroir tunisien. L’enveloppe financière du projet Pampat est de 4 millions d’euros pour une période allant de fin 2013 à fin 2019. Pour l’Onudi, il est capital de faire reconnaître les points forts de la Tunisie de façon à ce qu’ils soient identifiés dans le pays et partout dans le monde : une opportunité pour augmenter les revenus de agriculteurs en mettant en valeur leur savoir-faire ancestral.

À la clé : un label de qualité, le Food Quality Label, qui permet aux agriculteurs d’investir et de se positionner. C’est le groupement d’Etat créé en 1965, le Gica (Groupement des industries de conserves alimentaires) qui est le gestionnaire du Food Quality Label pour la harissa et sa recette authentique à base de piment, carvi, coriandre, ail et sel. « Ce label sert à protéger cette recette ancestrale avec un cahier des charges précis. En 2016, nous avons obtenu ce label pour 7 industriels tunisiens qui représentent 8 marques commerciales. Il y a un réel effet d’attractivité industrielle. Nous prévoyons de regrouper en 2017, 10 industriels spécialisés dans la harissa. 110 transformateurs tunisiens adhèrent aujourd’hui au Gica dont 25 sont spécialisés dans la harissa », insiste Riadh Gader, directeur technique au Gica.

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Le pays compte aujourd’hui 15 000 producteurs de piment et 280 000 tonnes de piment frais produit pour une transformation en harissa de 65 000 tonnes (25 sociétés de transformation) dont 1 000 tonnes sont labellisées. Le marché export se développe avec 10 000 à 15 000 tonnes d’harissa vers la France, la Libye, l’Allemagne et l’Italie. Les USA, le Canada et le Japon sont prospectés à travers des salons internationaux.

Dans la filière figue, la figue de Djebba est soutenue dans le cadre du projet Pampat grâce à son appellation d’origine contrôlée. 70 producteurs de figues ont adhéré à cette démarche de labellisation à travers la coopérative Djebba fruits qui s’est investie dans la transformation des figues de Djebba AOC pour maintenir une activité agricole et industrielle toute l’année (confiture, figues séchées, pâtes de fruits, chocolat etc.). Le projet Pampat appuie également plus de 200 agriculteurs pour produire de l’huile de pépin de figue de barbarie certifiée bio cultivée dans la région de Kasserine. 5 entreprises et 6 start-up tunisiennes ont décidé de faire la promotion de l’huile de figue de Barbarie certifiée bio destinée au marché de la cosmétique.