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La filière bovine turque repose principalement sur le cheptel laitier. La production de viande bovine dépend de ce cheptel et, depuis peu, de ses importations.
«Il n’y a pas vraiment de filière de bovins allaitants en Turquie », explique Guy Hermouët, secrétaire général du Groupement export France le 7 février. Ce qui ne veut pas dire que la Turquie ne produit pas de viande bovine. Dans une étude publiée en janvier 2013, l’Institut de l’élevage explique que la production turque abattue en 2012 est estimée à 735 000 tonnes équivalent carcasse (téc), dont 50 000 tec de bovins finis importés. Un constat significatif de la production turque : l’essentiel de la viande bovine provient des abattages des réformes de vaches laitières. Néanmoins, la partie orientale du plateau anatolien accueille de l’élevage extensif. « L’élevage bovin sur prairies naturelles est concentré surtout à l’Est du pays », expliquent Suat Aksoy et Ahmet Erkus de l’université d’Ankara dans une étude publiée en 1997. Les conditions ne sont cependant pas idéales. « En Anatolie orientale, les circonstances politiques liées à la question kurde viennent encore largement déstabiliser une région déjà pauvre, l’élevage traditionnel nomade, semi-nomade ou simplement l’accès à la montagne étant interdit aux villageois pour des raisons militaires », explique Stéphane de Tapia, directeur de recherche au CNRS dans une étude sur L’agriculture turque face au défi de l’adhésion à l’Union européenne publiée en 2007.
Engraissement spécialisé
La Turquie s’est plutôt spécialisée dans l’engraissement des bovins dont les principaux centres sont situés en Turquie littorale. En aval des filières, la production est intégrée, « la distribution possède souvent ses propres abattoirs », explique Guy Hermouët. Lorsque la matière première vient à manquer, la Turquie importe pour approvisionner ses centres d’engraissement. « Depuis 2010, la Turquie importe de nouveau de la viande bovine et des animaux », explique Guy Hermouët. Ainsi le ministère de l’Économie publie en 2012 les résultats suivants : « Suite à la décision d’ouverture des importations de viande bovine et la baisse des droits de douane (75%) par la Turquie en septembre 2010, la France a été l’un des premiers fournisseurs de ce produit ». Une réussite à nuancer car, depuis peu, l’offre sur le marché intérieur turc a fait baisser les prix. Si administrativement, il est possible pour la France d’exporter vers la Turquie, ce n’est pas le cas car la Turquie souhaite faire remonter les prix. Néanmoins, Guy Hermouët soutient que la Turquie est intéressée notamment par les races françaises comme la Limousine par exemple, mais aussi par la viande de qualité. Côté pouvoirs publics français, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, rappelait le 7 février à l’assemblée générale de la Fédération nationale bovine, que la Turquie est et sera un enjeu stratégique pour la France.
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