Après Lactalis le mois dernier, Bel investit au Moyen-Orient : le groupe rachète 51 % du capital du turc Karper. Cette société spécialisée dans le fromage fondu qui affiche un chiffre d’affaires d’environ 15 millions d’euros pour 2005, devrait permettre au groupe francilien de profiter des 3 % de croissance du marché du Moyen-Orient. Particulièrement porteur pour les fromages fondus, ce marché de 180 000 tonnes attire les poids lourds européens du secteur. Avec Karper, fondé en 1960 et qui produit 6 000 tonnes de fromages fondus et en tranches, Bel entend bien imposer sa Vache qui Rit comme leader sur le marché turc. Le groupe, qui a redressé la barre après un chiffre d’affaires en repli de 5 % au premier semestre 2004, réalise 80 % de son CA à l’étranger.
Le fromage fondu, marché porteur pour l’industrie laitière au Moyen-Orient ? Au vu des récentes opérations des leaders français du secteur, la réponse ne fait aucun doute. Après la prise de participation majoritaire de Lactalis dans une usine de fromage fondu égyptienne le mois dernier cf. Agra alimentation n° 1909, du 15 décembre 2005, p. 22, Bel vient d’annoncer le rachat de 51% du capital du turc Karper. Cette société familiale, qui « occupe une position de leader sur son marché domestique » selon le communiqué du groupe francilien, produit 6 000 tonnes de fromage fondu et en tranches et affiche un chiffre d’affaires « d’environ 15 millions d’euros pour 2005 ». Implantée depuis 1960 sur le sol turc, Karper, qui emploie 160 personnes, possède ses marques propres (Karper) et « une très forte présence dans la région d’Istanbul ». Le montant de cette opération, effectuée avec le conseil de la banque ABN Amro et encore soumise à l’agrément des autorités turques de la concurrence, reste confidentiel.
Nouvelle usine en Syrie
Le Moyen-Orient reste donc une terre de conquête pour les poids lourds européens du fromage. « Culturellement, il y a une forte habitude de consommation du fromage fondu dans cette région du monde», explique Luc Morelon, directeur des relations extérieures de Lactalis. Produit qui supporte assez bien les écarts de température, peu cher et qui plaît aux jeunes, le fromage fondu possède des atouts non négligeables dans ces pays à forte croissance démographique et faiblement équipés en réfrigérateurs. Au Moyen-Orient, ce marché de 180 000 tonnes, « en croissance de 2 à 3 % », selon Luc Morelon, aiguise les appétits : le suédo-danois Arla construirait une usine en Arabie saoudite, où Lactalis est déjà présent. Le groupe de Laval, qui détient 24 % des Fromageries Bel (filiale de Bel, holding de contrôle) n’est pour l’instant présent en Turquie qu’au niveau commercial. De son côté, Bel investit à marche forcée : « premier groupe de son secteur d’activité à faire une acquisition significative sur un marché turc très prometteur » le producteur des Babybel, Leerdammer, Kiri, Apéricubes et de la non moins célèbre Vache qui Rit vient d’inaugurer un site de production à Damas, capitale de la Syrie. La société possède également une usine sur le sol égyptien.
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Pour ce fromager, qui réalise 80 % de ses 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’export grâce à une présence dans 120 pays, « cette acquisition en Turquie boucle une année 2005 riche en développement international», juge son p.-d. g., Gérard Boivin. L’opération permet également au groupe de passer à la vitesse supérieure : ses produits, jusqu’alors importés et soumis à quotas, vont pouvoir se développer parallèlement à la marque Karper avec en ligne de mire la place de leader du fromage à tartiner. Des perspectives de croissance qui vont permettre au chiffre d’affaires du groupe de redécoller après un premier semestre en léger repli, à 821 millions d’euros contre 863 millions pour 2004.