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Europe La valse des prétendants aux postes de commissaires

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Que ce soit pour le poste de commissaire européen à l’agriculture ou pour tout autre portefeuille à caractère économique fort, pas moins de cinq anciens ministres de l’Agriculture européens sont en lice pour entrer dans le collège que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, est actuellement en train de constituer.

Dès l’annonce, le 13 septembre dernier, du retrait de la scène bruxelloise de l’actuelle commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, plusieurs prétendants se sont fait connaître auprès du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Celui-ci a entamé les consultations en vue de constituer sa nouvelle équipe. C’est le cas de l’actuel ministre de l’Agriculture roumain, Dacian Ciolos, qui a immédiatement reçu l’appui de Bucarest et de la France pour accéder à ces fonctions. Mais cette candidature s’annonce délicate, le soutien même de la France, sans doute trop hâtivement annoncé par le secrétaire d’État aux Affaires européennes Pierre Lellouche, ne lui ayant pas rendu service. Faute de pouvoir décrocher ce portefeuille, la Roumanie serait intéressée par la politique régionale, la recherche ou l’élargissement avec, le cas échéant, la possibilité de proposer un candidat qui corresponde plus au profil du poste. La ministre danoise de l’Agriculture est, elle aussi, prête à succéder à sa compatriote Mariann Fischer Boel à Bruxelles. Elle n’est toutefois pas la seule sur les rangs au Danemark : la ministre en charge du climat et de l’énergie Connie Hedegaard est candidate, de même que celle en charge du développement, Ulla Tornaes.

Les chances de Cees Veerman
Autre prétendant très sérieux pour le poste de commissaire à l’agriculture, le néerlandais Cees Veerman, ancien ministre de l’Agriculture. Il est souvent cité aux Pays-Bas, bien qu’aucune décision formelle n’ait encore été prise. De son côté, l’Autriche ne compte pas aligner d’ancien ministre de l’Agriculture parmi ses candidats mais ce portefeuille vient en tête de ses préférences, avant l’environnement, la sécurité intérieure et l’économie. Au sein de la grande coalition au pouvoir à Vienne, le poste devrait revenir au parti conservateur (l’ÖVP). Les mieux placés pour faire le voyage vers la capitale européenne sont l’ancien vice-chancelier et ancien ministre de l’Agriculture Wilhelm Molterer et l’actuel ministre de la Recherche, Johannes Hahn. S’est ajouté récemment à la liste des candidats autrichiens l’actuelle commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, qui a des vues sur le poste de haut représentant aux affaires étrangères et vice-président de la Commission.

Les ambitions de Michel Barnier
L’autre aspirant commissaire européen au passé agricole est le Français, Michel Barnier. Mais il brigue un « poste économique important » : la concurrence, le marché intérieur ou les affaires économiques et monétaires. Cependant, de telles exigences pourraient menacer la candidature de M. Barnier, le président de la Commission et Berlin ne cachant guère leur préférence pour un profil qu’ils jugent plus adapté à ce type de fonction pourquoi pas la ministre française des Finances, Christine Lagarde, ou l’ancien Premier ministre, Alain Juppé.
De plus, la volonté de Paris d’obtenir le marché intérieur pourrait buter sur les velléités de l’actuel commissaire économique et monétaire, l’Espagnol Joaquin Almunia. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, qui devrait reconduire son commissaire, dispose d’un atout non négligeable pour obtenir gain de cause auprès de José Manuel Barroso, ayant apporté le précieux soutien des socialistes espagnols lors du vote d’investiture du président de la Commission au Parlement européen.

La discrétion de l’Allemagne
Jusqu’à présent, l’Allemagne est restée très discrète sur ses ambitions. Mais il est possible que, malgré la lourde défaite du parti de gauche, le SPD, lors des élections fin septembre, le poste de commissaire allemand revienne au socialiste Frank-Walter Steinmeier, étant donné les fortes pressions exercées en ce sens par le groupe socialiste du Parlement européen. Sa candidature est toutefois fragilisée par la poussée des Libéraux en Allemagne et par la difficulté, pour un grand pays, de décrocher comme il le souhaite le poste de haut représentant aux affaires étrangères qui sera créé si le traité de Lisbonne est adopté.
Autre candidat jugé « sérieux » à Bruxelles pour le poste de haut représentant : le suédois Carl Bildt. Actuel président en exercice du Conseil de l’UE, il ne dirait pas non à un autre poste important, dit-on aussi. Toutefois, Copenhague dispose d’autres candidats pour succéder à Margot Wallström. Il s’agit de Cecilia Malmström, ancienne député européenne et actuelle ministre des Affaires européennes ou de Gunilla Carlsson, ministre du Développement et de la Coopération.
Du côté irlandais, l’attente du référendum sur le traité de Lisbonne du 2 octobre a quelque peu gelé les pourparlers bien que plusieurs noms circulent déjà. Celui du ministre des Affaires européennes Dick Roche ou de Pat Cox qui ne cache pas ses ambitions. L’ancien Premier ministre John Bruton et l’ancien ministre Maire Geoghegan Quinn sont aussi cités.

Le handicap de Stavros Dimas
En Grèce, l’avenir de l’actuel commissaire européen à l’environnement, Stavros Dimas à Bruxelles est compromis par l’affaiblissement de son parti politique qui pourrait perdre les élections législatives du 4 octobre. Aucun nom n’a pour le moment été cité pour prendre la relève. De même pour la Bulgarie, qui attend le résultat du référendum en Irlande, pour dévoiler le nom du successeur de Meglena Kuneva. Comme la plupart des nouveaux pays membres de l’UE, Sofia a des visées sur le portefeuille de la politique régionale. Pour sa part, le Slovaque Maros Sefkovic, remplaçant de Jan Figuel depuis le 1er octobre, devrait rester dans la capitale européenne. De leur côté, les commissaires
maltais, tchèque et hongrois actuels, respectivement Joe Borg, Vladimir Spidla et Laszlo Kovacs espèrent rester, mais sont semble-t-il en ballottage défavorable. Et l’éphémère remplaçant de Danuta Hubner ne devrait pas être reconduit par Varsovie, la Pologne ayant un autre candidat : Janusz Lewandowski, actuellement au Parlement européen.
Pour le reste, le Slovène Janez Potocnik, la Chypriote Androulla Vassiliou, la Britannique Catherine Ashton l’Estonien Sim Kallas, la Luxembourgeoise Viviane Reding, le Belge Karel De Gucht, le Letton Andris Piebalgs, le Lituanien Algirdas Semeta, et l’Italien Antonio Tajani, devraient se maintenir au sein du prochain collège.

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