Abonné
La volatilité est fréquemment connotée à des notions comme l’irrationalité et la flambée des prix, expliquent deux professionnels des marchés des matières premières de la Société Générale.
Le mot « volatilité » ne signifie pas « fluctuation irrationnelle », indique Émmanuel Jayet, responsable de la recherche sur les matières premières agricoles à la Société générale. Ainsi, quand, en décembre 2010 les marchés à terme de céréales ont pris en compte le temps sec en Argentine, « on ne peut pas dire que les financiers ont pris des positions irrationnelles ». Ils ont observé une situation réelle et ont envoyé des signaux au marché. Leur logique est complémentaire de celle des opérateurs du marché physique. Ils ont le mérite « d’inclure beaucoup d’informations très tôt, pour la formation des prix ». Des informations qu’ensuite les opérateurs du marché physique que sont les coopératives, négociants, meuniers, huiliers, amidonniers, etc., se chargent d’interpréter. Pour Frédéric Lasserre, directeur de l’investissement dans les matières premières à la Société générale, le débat sur la volatilité des prix est souvent confondu avec la flambée des cours.
« Quand les cours s’effondrent, on a curieusement tendance à oublier la volatilité », observe-t-il.