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Négociations commerciales La Zone de libre-échange des Amériques se heurte au problèmes des subventions agricoles

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Les pays engagés dans la création de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) ont annoncé le 10 mars le report d'un mois de la réunion ministérielle de Puebla (Mexique), initialement prévue pour les 18 et 19 mars, faute de consensus sur les subventions agricoles que les Etats les plus développés du continent se refusent à réduire. Cette réunion est désormais envisagée pour les 22 et 23 avril.

 

«L'absence d'accord sur les subventions agricoles a obligé à changer la date de la réunion de Puebla», a expliqué le secrétaire argentin au commerce international, Martin Redrado, à l'issue d'une rencontre informelle de deux jours à Buenos Aires à laquelle participaient les vice-ministres du commerce du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), du Canada, du Chili, du Costa Rica, de l'Equateur, des Etats-Unis, du Mexique, du Venezuela et de pays des Caraïbes.

Avant la session ministérielle prévue à Puebla, l'Argentine organisera une nouvelle réunion préparatoire les 31 mars et 1er avril, a précisé M. Redrado.

Cycle de Doha: les subventions à l’exportation en point de mire

Soulignant que l'agriculture restait le volet central des pourparlers en cours pour la relance du cycle de Doha, Supachai Panitchpakdi, le directeur général de l'OMC, a estimé le 4 mars à Paris qu'il fallait «avancer les discussions sur la question des subventions à l'exportation (dans ce secteur) pour arriver à un niveau de réduction plus ambitieux», Il a cependant admis que les discussions sur cette question étaient toujours au point mort, les pays exportateurs du groupe de Cairns, qui veulent une baisse générale des soutiens agricoles, ayant refusé, lors d'une réunion ministérielle fin février au Costa Rica, que la réduction des subventions à l'exportation soit seulement concentrée sur une liste de produits.

M. Supachai a précisé par ailleurs que le dossier des subventions au coton, dont plusieurs pays africains réclament l'élimination, serait intégré au volet agricole des négociations en cours, avec une base de départ qui ne sera pas le projet de texte proposé à Cancun, qui «doit être réécrit» sur ce point.

Plaidoyer électoral du président Bush pour le libre-échange

Le président américain George W. Bush a défendu le 10 mars le libre-échange et mis en garde contre des mesures protectionnistes qui, selon lui, pourraient être prises si son adversaire démocrate John Kerry le battait à l'élection présidentielle de novembre.

«Les vieilles politiques d'isolationnisme économique du passé sont une recette pour le désastre», a-t-il lancé lors d'un discours prononcé à Cleveland (Ohio).

Maroc/Etats-Unis: Rabat rassure les agriculteurs

L'accord de libre-échange qui a été conclu entre le 2 mars entre le Maroc et les Etats-Unis (1), et qui doit encore être signé et ratifié par les deux pays, préserve les intérêts de l'économie marocaine dans tous les domaines jugés «sensibles», a assuré le surlendemain à Rabat le ministre marocain délégué aux affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri. Pour les produits agricoles, des quotas d'importations temporaires ont été décidés pour protéger les exploitants, tandis que des délais importants ont été prévus avant le démantèlement complet des barrières douanières, a-t-il

expliqué.

C'est ainsi que le blé tendre sera soumis à des quotas «indexés» sur la production nationale, dans une fourchette de 280 000 à 700 000 tonnes par an les 10 premières années, de façon a éviter toute atteinte au prix du marché et aux revenus des agriculteurs, a indiqué M. Fassi Fihri. Autre exemple, les importations de viande rouge de qualité «supérieure» seront soumises à un contingent de 4 000 tonnes pas an et limitées à un marché de «niche», celui des restaurants de luxe et des hôtels de 4 et 5 étoiles.

Le ministre a souligné que le démantèlement tarifaire a été dans plusieurs cas programmé à long terme pour permettre l'adaptation progressive de l'économie marocaine, citant la viande bovine standard dont les droits de douane ne disparaîtront qu'au bout de dix ans.

Pour la volaille et les légumineuses, autres secteurs difficiles, des délais de 10 et de 18 ans ont été négociés tandis que diverses «clauses de sauvegarde» ont été prévues.

En ce qui concerne les exportations du Maroc vers les Etats-Unis, M. Fassi-Fihri a souligné les perspectives ouvertes pour les clémentines et le secteur agroalimentaire, avec notamment les préparations à base de tomates et d'olives.

Crédits américains pour la Tunisie

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Les députés tunisiens ont adopté le 10 mars un projet de loi ratifiant l'octroi et la garantie de deux crédits de financement des Etats-Unis pour l'importation de produits agricoles américains. Le premier crédit de 30 millions de dollars financera l'importation d'huiles végétales et de denrées, alors que le second, de 10 millions de dollars, permettra de financer l'importation de fourrages et de blés et dérivés.

L'octroi de ces deux crédits intervient alors que l'association des producteurs de blé américains envisage d'ouvrir un bureau d'assistance technique en Tunisie, le deuxième du genre dans le Maghreb après celui du Maroc.

Japon/Mexique: avancées dans les négociations agricoles

Le Japon et le Mexique, qui négocient actuellement un accord de libre-échange, sont parvenus à une entente de principe sur le volet industriel et ont avancé dans le dossier agricole, a indiqué le 10 mars un responsable gouvernemental à Tokyo.

Dans le domaine agricole, ce sont surtout des divergences liées aux quotas d'importation de porc et de jus d'orange mexicains au Japon qui ont ralenti les pourparlers.

En octobre dernier, les deux parties s'étaient entendues pour fixer un quota de 75 000 tonnes par an de porc mexicain, auquel serait appliqué un droit de douane réduit. Lors de discussions de travail en novembre, le Mexique avait fait pression sur Tokyo pour qu'il élimine les droits sur les oranges et le jus d'orange et fixe des quotas d'importation en franchise de 120 000 tonnes de porc, 30 000 tonnes de poulet et 40 000 tonnes de viande.

Les négociations bilatérales entre Tokyo et Mexico avaient débuté en novembre 2002 à Los Cabos (Mexique) lors d'un sommet de l'Apec (Forum de Coopération économique en Asie-Pacifique).

Le Japon, qui est déjà lié par un accord de libre-échange à Singapour, a décidé d'entamer des négociations officielles avec la Corée du Sud, les Philippines, la Thaïlande et la Malaisie.

Blé: querelle entre l’Australie et le Pakistan

L'Australie a demandé le 10 mars l'intervention d'un pays tiers afin de résoudre un différend commercial avec le Pakistan qui

refuse depuis deux semaines une cargaison de blé d'un montant de 23 millions de dollars, considérant que celle-ci est impropre à la consommation. Les responsables pakistanais affirment que cette cargaison est contaminée par le champignon appelé «karnal bunt», ce que Canberra conteste. Ce champignon donne au blé une odeur de poisson qui le rend impropre à la consommation. Le premier ministre australien, John Howard, pourrait intervenir prochainement dans cette querelle pour demander au président pakistanais, Pervez Musharraf, d'accepter que le blé soit analysé par un pays tiers. Le ministre australien de l'agriculture, Warren Truss, a évoqué la possibilité d'un examen du blé par un laboratoire gouvernemental américain ou britannique.

A Islamabad, le conseil des ministres a examiné et entériné le 10 mars les résultats d'un test confirmant la présence du champignon. A l'inverse, trois analyses différentes menées par l'Australie sur le blé incriminé n'ont pas révélé la présence du champignon.

Les autorités australiennes soulignent que celui-ci n'a jamais été signalée dans leur pays et suggèrent qu'il ne pourrait s'agir que d'un prétexte utilisé par Islamabad pour refouler la livraison de blé en raison d'une production nationale suffisante. «De temps en temps, le Pakistan produit suffisamment de blé pour être autosuffisant et les réalités commerciales actuelles lui posent parfois problème», a déclaré le ministre australien du commerce, Mark Vail.. Selon lui,cette affaire pourrait avoir de graves répercussions sur le commerce du blé australien, dont la valeur est estimée à 2,6 milliards de dollars par an.

La cargaison suspectée par les autorités pakistanaises fait partie d'un contrat de livraison de 150 000 tonnes de blé, déjà payées par le Pakistan.

(FXS)

(1) Voir n° 2948 du 08/03/04