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L’abattage à la ferme, un abattage éthique pour une viande unique

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Franck Ribière prévoit de créer toute une filière bœuf éthique de la naissance à la mort de l’animal, induisant un abattage à la ferme avec l’aide d’un camion. Il a été auditionné le 6 juillet par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie.

« La meilleure chose qui puisse arriver à la viande, c’est les végétariens ! Plus il y aura de végétariens et meilleure la viande sera ! » s’est exclamé Franck Ribière, fondateur de la société Le bœuf éthique, en conclusion de son audition par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie. Cette audition qui s’est tenue le 6 juillet était la dernière de la commission d’enquête « qui doit rendre son rapport début septembre », selon Olivier Farloni, son président. Franck Ribière a présenté son projet d’abattoir mobile à la ferme, à l’image de ce qui se fait en Suède, avec un camion de 1,5 million d’euros mais qui « sera rapidement rentable », permettant d’abattre 55 bovins par jour (6 bovins/heure). Sa rentabilité serait assurée dès 12 bovins abattus par jour sur une même exploitation, avec un coût de l’abattage de l’ordre de 0,80 €/bovin. Le prix de vente de la viande serait de « 25 à 40 % de plus que celui du prix de la viande bio », selon l’entrepreneur. Également réalisateur du documentaire « Steak (R) évolution » et issu d’une famille d’éleveurs de charolais, c’est à la suite de sa quête du goût concernant la viande qu’il s’est lancé dans le projet, constatant qu’« un bon steak, c’est une vache heureuse ! De la naissance à sa mort ! ».

Un camion rentable rapidement

L’abattage à la ferme tel que le conçoit Franck Ribière, est une façon de refaire « d’une manière adaptée aux règles sanitaires d’aujourd’hui » ce qui se faisait « à l’époque où le boucher venait à la ferme ». « La seule solution pour empêcher le stress de l’animal, c’est de l’empêcher de voyager », souligne-t-il tout en reconnaissant que, dans les abattoirs, il n’a « pas vu de choses ignobles […] Je n’avais pas dans l’idée qu’il y avait un problème dans les abattages en France et dans le monde. Je pense qu’il y a des idiots et des méchants partout, y compris dans les abattoirs ». Il évoque pour autant la fatigue, le stress et la honte des abatteurs. « Ils sont difficilement à l’aise avec leur métier. […] Ils font un sale métier pour des rémunérations qui, me semble-t-il, sont relativement modestes ». Il imagine des partenariats avec certains abattoirs locaux. « Nous sommes sur une alternative, un produit de remplacement. C’est une solution de plus. Mais quand il y aura 600 camions sur les routes, est-ce que l’on n’aura pas les mêmes problèmes qu’aujourd’hui ? », demande-t-il. Pour lui, le vrai frein actuellement n’est pas tant l’agrément sanitaire que le fait de trouver le vétérinaire agréé pour accompagner le camion, tout comme la nécessaire programmation des abattages par les éleveurs, soit « un vrai changement des mentalités ».

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Bien-être animal : Le Foll annonce la publication des résultats des contrôles en abattoirs

« On va publier aujourd’hui tous les contrôles qui ont été faits sur les abattoirs », a annoncé le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, le 1er juillet interrogé sur la radio RTL. « On va noter et indiquer les problèmes rencontrés avec une grille de lecture pour que tout le monde soit transparent et clair ». En 2015, Stéphane Le Foll avait demandé aux préfets de réaliser rapidement des contrôles dans les abattoirs de leurs territoires sur la thématique de la protection animale. Il s’en est par ailleurs pris à l’association L214 : « Que veulent ces gens ? Ils veulent faire disparaître ce qu’a été l’histoire de l’agriculture avec l’élevage. Ils ne veulent plus d’élevage, ils ne veulent plus qu’on mange de la viande ». Le 6 juillet, le ministère de l’Agriculture a mis en ligne un guide sur l’abattage rituel pour la fête de l’Aïd, prévue aux alentours du 12 septembre, ainsi que la carte des abattoirs habilités et leurs capacités.