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SNACKING/ACQUISITION Labeyrie Fine Foods acquiert Père Olive et King Cuisine auprès de la famille Menissez

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Labeyrie Fine Foods se renforce sur l'apéritif gourmet avec deux nouvelles acquisitions dans ce secteur au Benelux. Le spécialiste du foie gras et du saumon fumé va réduire la saisonnalité de son activité et sa dépendance aux marchés français et britannique.

Xavier Govare, le président du directoire de Labeyrie Fine Foods (détenu par le fonds PAI Partners et la coopérative Lur Berri), a livré le 24 février les détails de l'acquisition de Père Olive et King Cuisine. Pour nancer cette dépense, Labeyrie Fine Foods (LFF) vient de réaliser une levée de fonds de 80 millions d'euros sous la forme d'une augmentation de son emprunt obligataire de 275 millions d'euros au taux de 5,625%. « Pour régler cet achat, Labeyrie Fine Foods a dépensé un peu plus de 80 millions d'euros » a expliqué Xavier Govare, sans dévoiler pour autant le montant précis de la transaction réalisée auprès de la famille Menissez (boulangerie industrielle).

Père Olive (30 millions d'euros de chiffre d'affaires) est une PME belge spécialisée dans la préparation des olives fraîches prêtes à consommer. L'entreprise produit chaque année 3 500 tonnes d'olives grâce à son usine dotée de 14 lignes de production, surtout pour le marché belge. L'objectif de cette acquisition est de permettre à LFF de devenir numéro un de l'olive fraîche en France et de se développer sur les marchés britannique et suisse. King Cuisine (30 millions d'euros de chiffre d'affaires) est basée aux Pays-Bas et réalise des apéritifs frais premiums. Ces deux entreprises vont permettre à LFF de se renforcer sur le marché du snacking gourmet en forte croissance. LFF a lancé en 2012 sur ce créneau l'Atelier Blini dont le taux de croissance du chiffre d'affaires (25 millions d'euros) est de 20 à 30% depuis les deux dernières années et pourrait atteindre dans cinq ans les 100 millions d'euros, selon Xavier Govare. Père Olive et King Cuisine présentent des rentabilités supérieures à LFF, selon Fitch. L'agence estime que la stratégie d'acquisition aide le groupe à se diversi-er en termes de produits, d'approvisionnement et de marchés et à réduire la saisonnalité de ses ventes. Elle s'attend à ce que les parts de marché acquises en Belgique et aux Pays-Bas réduisent l'exposition aux marchés français et britannique.

Le chiffre d'affaires de LFF (870 millions d'euros pour 2014/2015 dont 304 millions d'euros à l'international) est appelé à s'internationaliser. Il devrait atteindre 1,1 milliard d'euros en 2015/2016, dont 400 millions d'euros hors de France. « A l'international, le potentiel de développement se situe surtout en Europe et sur nos quatre métiers : le traiteur marin, terroir, tendance et surgelé », précise Xavier Govare. Le marché britannique, où LFF est présent sur seulement l'un de ses quatre métiers, est une terre d'opportunité, en particulier dans la pâtisserie surgelée. Quant au Benelux, LFF y est présent avec ses quatre métiers.

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LFF a réalisé plusieurs acquisitions depuis janvier 2015 (Aqualande, les Pêcheries Marinard, Salés Sucrés, Père Olive et King Cuisine) et prévoit à l'avenir de poursuivre son programme d'achats sur le même modèle que pour les précédentes transactions : levée de fonds et complément en fonds propres ou en apport des actionnaires. 

Foie gras : Labeyrie pourrait être absent chez certains distributeurs

Xavier Govare estime qu'en raison des mesures prises en 2016 pour lutter contre la grippe aviaire qui touche les palmipèdes à foie gras du Sud-Ouest (vide sanitaire et nouvelles modalités d'élevage), le manque de foie sera inférieur de 30% pour l'entreprise. Labeyrie prévoit qu'il n'y aura pas d'impact sur les volumes jusqu'en septembre, mais seulement pour la fin de l'année qui concentre l'essentiel des ventes. Pour se fournir, Labeyrie pourrait faire appel aux producteurs de l'ouest de la France. 300 salariés de LFF vont être en activité partielle pendant une durée de quatre mois sur deux sites  : l'abattoir de Came et l'usine de Saint-Geours-de-Marenne. Alors que les négociations commerciales se terminent, le président du directoire de LFF estime qu'il devra probablement faire des choix promotionnels et que, par conséquent, le foie gras Labeyrie pourrait ne pas être présent dans toutes les enseignes de la grande distribution.