La deuxième édition de World Forum qui s’est déroulée à Lille, du 9 au 11 octobre, a mis en évidence l’urgence qu’il y avait à gérer les ressources en eau aux quatre coins de la planète. Devant un public jeune, en majorité des étudiants, le World Forum, présidé par Philippe Vasseur, ancien ministre de l’Agriculture, a permis de faire le tour « des initiatives concrètes qui marchent » tout autour de la planète. L’exemple australien est à ce titre édifiant.
«Nous sommes entrés dans une période où la concurrence et la compétition pour l’accès aux ressources seront de plus en plus impitoyables », a prévenu la kenyane Wangari Maathai, en ouvrant le 9 octobre dernier le World Forum de Lille.
Le message du prix Nobel de la Paix 2004 sera martelé durant les trois jours par des intervenants provenant des quatre coins de la planète, tous unanimes pour affirmer que « l’accès à l’eau sera l’enjeu des vingt prochaines années de notre planète. »
« Nous sommes à la veille d’une crise de l’eau sans précédent », expliquait Manuel Berquet-Clignet, directeur du développement de Coca-Cola France. « L’eau sera au centre de la prochaine crise qui secouera la planète », prévenait le Sénégalais Bakary Kanté. Le sentiment est identique chez Lo Chay, un ingénieur cambodgien de 32 ans qui développe l’alimentation en eau des villages cambodgiens avec son opération des « 1000 fontaines ». Bakary Kanté, responsable du programme des Nations Unies pour l’Environnement, travaille à la mise en œuvre des politiques environnementales à travers le monde. Il regrette d’ailleurs qu’en son temps la proposition de François Mitterrand de créer la première convention internationale sur l’eau n’ait pas abouti. Il n’hésite pas à mettre en garde son auditoire : « L’eau peut faire l’objet de conflits très violents. L’Egypte est l’un de ces pays qui défendra becs et ongles ses ressources en eau. Toucher au Nil peut être le facteur déclenchant d’une guerre. »
Evolution des mentalités
L’expérience australienne est également riche d’enseignements. Craig Knowles, ancien ministre de l’Environnement australien, y témoignait de l’évolution profonde des mentalités et du formidable revirement des hommes politiques de son pays. Car confronté à des sécheresses sans précédent, l’Australie commence à repenser radicalement son modèle agricole.
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Ce pays de 11 millions d’habitants n’a jamais voulu signer le protocole de Kyoto. Un entêtement qui fera perdre les élections à John Howard, l’ancien Premier ministre. Dès décembre 2007, la nouvelle équipe crée d’ailleurs l’évènement à Bali en s’engageant à le signer.
Un programme d’initiative nationale de l’eau avait été adopté en 2003. Il visait à réformer le système de distribution d’eau, à restaurer les écosystèmes et à promouvoir le recyclage de l’eau. Nouvellement élu, le nouveau gouvernement décide sa mise en place et investit notamment dans une politique de dessalement de l’eau de mer, pourtant forte consommatrice d’énergie.
Sydney, Melbourne et plus récemment Perth ont leur usine. Celle de Perth alimente 17% des besoins en eau des 1,6 million d’habitants depuis 2004. « Notre technologie est aujourd’hui beaucoup moins gourmande en énergie et nous sommes arrivés à contrôler nos rejets », rassurait Greig Mercer, directeur chez Degrémont Australie.