L'UE et le Japon devraient accélérer les négociations pour la conclusion d'un accord de libre-échange, lancées en avril 2013. C'est en tout cas ce qu'ont souhaité les deux parties lors d'un sommet à Bruxelles. Si Tokyo semble sur la bonne voie pour l'élimination des barrières non tarifaires, son offre pour l'accès au marché « n'est pas époustouflante », estime-t-on du côté européen.
« NOUS voulons conclure un accord (de libre-échange) le plus rapidement possible (…) Nous espérons d'ici fin 2015 », a déclaré le 7 mai à Bruxelles Shinzo Abe, le premier ministre japonais, à l'issue d'un sommet tenu avec les représentants de l'UE le 7 mai à Bruxelles (1). Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a, lui aussi, appelé à « accélérer le rythme » de ces pourparlers, soulignant toutefois la nécessité « d'injecter un haut niveau d'ambition dans tous les domaines – en particulier dans des domaines tels que l'accès aux marchés pour les marchandises, incluant l'agriculture, les mesures non tarifaires, les marchés publics ou les indications géographiques ».
Abolition des barrières non tarifaires : « des résultats »
« Si l'examen des progrès après un an de négociations commerciales le permet, nous devrons élever le niveau d'ambition et amener ces négociations à une conclusion rapide », a commenté pour sa part le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, à l'issue du sommet bilatéral.
En novembre 2012, lorsque le Conseil de l'UE a approuvé les directives pour ces pourparlers, une clause de révision a été prévue, précisant que, au bout d'une année, la Commission devra déterminer si le respect par Tokyo de ses engagements en matière d'élimination des barrières non tarifaires, dans le secteur alimentaire entre autres, est « pleinement satisfaisant ». Si tel ne devait pas être le cas, les négociations seraient suspendues.
Le rapport de la Commission sur cette question sera prêt « d'ici fin juin », a indiqué le 8 mai le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, lors d'une réunion ministérielle des Vingt-huit. « Il y a eu des résultats, c'est de bon augure », a-t-il néanmoins précisé.
Accès au marché : l'offre de Tokyo « n'est pas époustouflante »
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L'offre du Japon sur l'accès à son marché « n'est pas époustouflante », a également souligné Karel De Gucht, « mais elle est au niveau de ce que l'on peut attendre après un premier échange d'offres ». Celui-ci a lieu début avril, sans inclure à ce stade les questions les plus sensibles, à savoir l'élimination complète réclamée par Tokyo des droits de douane européens sur les voitures japonaises et l'accès plus large au marché agricole japonais demandé par Bruxelles (2).
Sucre, riz, blé et produits à base de céréales, produits laitiers, bœuf et porc : tels sont les secteurs pour lesquels le Japon rechigne le plus à ouvrir son marché dans le cadre des négociations de libre-échange qu'il mène actuellement avec l'UE, mais aussi avec une douzaine de pays impliqués dans le Partenariat trans-Pacifique (TPP), dont les États-Unis, l'Australie, le Canada, le Chili ou encore la Malaisie (2). Ces produits agricoles sensibles ne feront l'objet d'une offre japonaise qu'au stade final des pourparlers avec l'UE.
La Commission européenne veut aussi obtenir du Japon une protection des indications géographiques plus étendue que celle assurée uniquement par la législation nationale de ce pays.
(1) Voir n° 3447 du 12/05/14
(2) Voir n° 3445 du 28/04/14