Les ministres du commerce de l’UE se retrouvent le 13 mai pour, notamment, discuter du texte de l’accord économique et commercial global avec le Canada (CETA), en vue de sa signature qui devrait avoir lieu en octobre lors d’un sommet des deux parties (1). Sur la base d’un compromis de principe intervenu en octobre 2013, cet accord avait été conclu le 26 septembre 2014, après, notamment, de difficiles discussions techniques sur les modalités de gestion des quotas d’importation de produits agricoles sensibles, viandes du côté européen et fromage du côté canadien (2). Il prévoit aussi la protection par le Canada de 145 indications géographiques de l’UE, telles que le fromage roquefort, le vinaigre balsamique de Modène ou le gouda néerlandais (3).
« Cheval de Troie » du TTIP
En Belgique, le parlement wallon a approuvé le 27 avril, par 44 voix pour et 22 contre, une résolution inédite demandant au pouvoir régional de ne pas donner carte blanche au gouvernement fédéral pour signer l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada.
Les députés qui se sont prononcés pour la résolution considèrent que cet accord, « cheval de Troie » de celui en négociation avec les États-Unis (TTIP) (4), risque de mettre à mal le modèle agricole de la Wallonie, vu notamment la taille des exploitations canadiennes, mais aussi les normes sanitaires, de protection des consommateurs et de l’environnement.
En réaction à ce vote, le ministre fédéral des affaires étrangères, Didier Reynders, a appelé chacun à prendre en compte l’importance des relations entre la Belgique et le Canada.
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« Cela va non seulement nous faire complètement perdre la face au niveau diplomatique, mais c’est aussi une menace directe pour notre économie et notre bien-être », a affirmé pour sa part le ministre-président flamand, Geert Bourgeois.
(1) Voir n° 3536 du 07/03/16
(2) Voir n° 3464 du 29/09/14
(3) Voir n° 3463 du 22/09/14
(4) Voir même numéro