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UE/Etats-Unis L’accord sur le bœuf aux hormones entériné par les Vingt-sept

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Les Etats membres de l’UE ont soutenu, le 12 mai, l’accord auquel étaient parvenus, la semaine précédente, les négociateurs de la Commission européenne et des Etats-Unis, qui vise à régler, au moins temporairement, l’affaire du bœuf aux hormones. Le texte a donc pu être signé, le 13 mai, à Genève, par les deux parties. Valable quatre ans, le mémorandum est jugé « nettement déséquilibré » par les éleveurs européens, mais il est perçu d’un bon œil par le négoce qui voit s’ouvrir une source d’approvisionnement alternative au Brésil en viande de haute qualité.

L’Union européenne n’a pas fait une bonne affaire, le 6 mai, au terme des négociations avec les Etats-Unis sur le bœuf aux hormones. C’est en tout cas l’avis des organisations professionnelles agricoles de l’UE. Selon elles, « l’UE offre l’équivalent en termes d’accès au marché de plus de 400 millions d’euros sur quatre ans, et se voit en outre contrainte de payer 110 millions d’euros de sanctions ». Et ce, sans aucune garantie, à long terme, de voir levées l’ensemble des mesures de rétorsions appliquées par les Etats-Unis en représailles à l’interdiction européenne de commercialisation de viande de bœuf élevé aux hormones. Un « nouveau coup dur » pour les éleveurs déjà fragilisés, dénoncent-elles. Il est « essentiel que l’ensemble de la viande bovine importée par l’Union européenne puisse être tracée jusqu’à son origine et que les Etats-Unis soient en mesure de garantir que la viande en question n’ait pas été traitée aux hormones », insistent les professionnels.

Dans les milieux du commerce et de l’industrie, les avis sont plus favorables. « Il est normal que les producteurs des pays excédentaires en viande bovine – la France et l’Irlande – soient inquiets (…) mais globalement, le marché européen est déficitaire, cet accord offre donc la possibilité de diversifier les sources d’approvisionnement », explique un expert. De plus, l’utilisation de ce quota n’est « pas si simple, ce n’est pas pour demain », ajoute-t-il, pour écarter toute possibilité de « choc » pour les éleveurs européens.

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Un quota « considérable », selon Ron Kirk

« L’Union européenne devrait rouvrir son marché à tout le bœuf américain, qui est complètement sain », s’est indigné le sénateur républicain de l’Iowa, Chuck Grassley. S’il est ratifié, il « accroîtrait les exportations de bœuf américain, et c’est une bonne nouvelle pour les éleveurs de l’Iowa et les consommateurs en Europe. En même temps, il est décevant que la viande issue de bétail traité aux hormones de croissance reste bannie du marché de l’UE », a-t-il ajouté.

Au contraire, le secrétaire américain au commerce, Ron Kirk, s’est dit « très satisfait » d’être parvenu à « trouver un moyen d’obtenir des quotas considérables pour le retour du bœuf américain de haute qualité sur un marché important qui a été largement fermé pendant trop longtemps ». « L’UE reste l’un des quelques marchés à bannir la viande de bétail traité aux hormones de croissance, un bœuf qui est parfaitement sain pour la consommation, mais nous voyons cet accord comme une façon pragmatique d’avancer », a-t-il conclu.