Dès l’arrivée du président de la République au Sommet de l’élevage, c’est un hurlement pour « Le Pen ! » et le terme de « démission! » qui s’est fait entendre. Pourtant, l’auteur de l’interpellation était isolé et a eu tôt fait de se faire bâillonner par les exclamations enthousiastes de la foule. Car le Sommet de l’élevage, en présence du chef de l’Etat, fut, comme il est de coutume, surtout le lieu de demandes traditionnelles en photos, poignées de main, embrassades, des échos habituels comme « je l’ai vu ! il est tout petit ! », et de cette aptitude du chef de l’Etat, soulignée à chacune de ses visites en agriculture par les professionnels et inconnus : il est capable de reconnaître une personne d’un salon à l’autre. En revanche, significatif fut l’accueil réservé au président de la République par la production laitière. Huées, sifflets, bousculades : le chef de l’Etat a dû précipiter sa sortie, entouré par des gardes du corps affolés et quelques éleveurs, au pas de course, derrière le groupe présidentiel. Le seul moment tendu de la visite mais qui n’aura pas manqué de marquer. Jusqu’à contraindre Stéphane Le Foll d’assurer les explications à maintes reprises, après l’évènement, auprès notamment de la presse. C’est d’abord une souffrance qui s’est faite entendre, expliqueront par la suite eux-mêmes les éleveurs : « pas assez payés, trop de charges ». « Ne vous endormez M. le Président ! Quels revenus ? Quels emplois ? », interpellera un éleveur de la région. « Nous sommes au plus mal ! ». Ce fut aussi, dans une moindre part : « Nous, les agriculteurs, on n’a jamais aimé les socialistes! ». La production laitière a en tout cas montré au chef de l’Etat que c’était bien là que la difficulté était la plus grande. « Je suis interpellé, c’est normal répondait François Hollande. C’est une profession qui a beaucoup de difficultés, l’agriculture, l’élevage... C’est bien normal qu’ils viennent directement me le dire. Je suis là pour ça, pour entendre et donner des réponses ». Au total, un évènement d’une dizaine de minutes qui va caractériser les plus de trois heures de visite de François Hollande. Une visite, pourtant, qui s’est déroulée, d’une façon générale, dans une ambiance plutôt « bon enfant ». Même si la retraite, les charges, le revenu et les heures supplémentaires ont aussi marqué ses pas. Un stand lui réservera une arrivée sous les applaudissements : celui de l’agriculture biologique. Et un cadeau symbolisera sa fin de parcours : une cane de berger « pour mieux conduire le troupeau », selon son donateur.
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