Le président de l'Association pour la chimie du végétal (ACDV), Christophe Rupp-Dahlem, a appelé, le 1er avril lors d'un point presse, les pouvoirs publics à définir des orientations, comme l'ont fait d'autres pays européens. Il s'est exprimé ainsi à une semaine du Plant Based Summit, le congrès des produits biosourcés, qui se tiendra les 8 et 9 avril à Lille.
La chimie du végétal manque d'une stratégie publique, a indiqué Christophe Rupp-Dahlem, qui est aussi directeur de l'innovation chez l'amidonnier Roquette. Dans d'autres pays européens, comme l'Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, le Royaume-Uni et l'Italie, les pouvoirs publics ont défini des orientations et dressé un état de lieux des forces et faiblesses de ce secteur émergent qu'est la chimie du végétal.
Les différents États quantifient ainsi la ressource de biomasse, qui sont les acteurs, et la politique que le pays compte mettre en place. Rien de tel n'a été ainsi élaboré en France, même si le ministère de l'Agriculture est le pivot des dossiers de la chimie du végétal, entre Bercy et le ministère de la Recherche, a-t-il noté.
L'action fédératrice est le fait du pôle IAR et de l'ACDV
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Cette absence de stratégie nationale affichée tranche avec l'état de maturité « bien avancé » du secteur en France au stade de la recherche-développement (R&D) et de l'industrie, a ajouté Christophe Luguel, responsable des dossiers internationaux au pôle de compétitivité Industries et agroressources (IAR) situé en Champagne Ardenne et Picardie. Cet état d'avancement de la R&D et de l'industrie s'est traduit par le fait que les initiatives sont venues « du terrain », et non des institutions, ce qui est aussi un atout, ont commenté les deux responsables. Ainsi, le pôle IAR et l'ACDV ont été les fédérateurs des actions de la chimie du végétal. Le souhait est maintenant de voir l'action fédératrice relayée par les pouvoirs publics.
Quoi qu'il en soit, en préparation de l'après-pétrole, la chimie « ne coupera pas » au recours au végétal, contrairement au secteur de l'énergie, qui pourra largement développer des énergies nouvelles comme l'hydrolyse de l'hydrogène, a justifié Christophe Rupp-Dahlem.