Lors d’une réunion avec des journalistes en petit comité, Lactalis a dévoilé ses comptes pour l’exercice 2017/2018 (clos le 31 mars) et donné des objectifs de chiffre d’affaires à l’horizon 2020. Le groupe laitier a également indiqué qu’il comptait poursuivre sa stratégie de croissance externe.
Lors d’une réunion avec des journalistes en petit comité, Lactalis a dévoilé ses comptes pour l’exercice 2017/2018 (clos le 31 mars) et donné des objectifs de chiffre d’affaires à l’horizon 2020. Le groupe laitier a également indiqué qu’il comptait poursuivre sa stratégie de croissance externe.
Grande première ! Le 6 février, le très discret groupe Lactalis a dévoilé ses résultats pour l’exercice 2017/2018 (clos le 31 mars) et ses objectifs pour l’exercice en cours devant un nombre restreint de journalistes. Un premier rendez-vous qui n’est pas sans liens avec l’entrée en vigueur de la loi Sapin 2 sur l’obligation de publier ses comptes, et qui pourrait devenir "un rendez-vous régulier du début de l’année ", selon un porte-parole du géant laitier.
À cette occasion, le groupe a évidemment fait le point sur le scandale sanitaire du lait infantile de son usine de Craon, découvert fin 2017. Une affaire qui a pesé pour 200 millions d’euros sur son résultat opérationnel en 2016/2017, et encore pour 100 millions d’euros en 2017/2018. Et à la perte d’exploitation due à l’arrêt de l’usine de Craon, se sont ajoutés 12 millions d’euros de travaux investis dans le site, ainsi que le remboursement de boîtes de lait infantile pour les enfants qui n’ont pas été touchés, mais aussi des indemnisations pour les 25 familles de bébés atteints de salmonellose. Selon le ministère de la Santé, 38 bébés sont tombés malades après avoir bu du lait contaminé, mais "il reste quelques familles qui n’ont pas voulu transiger", avec Lactalis, et ont préféré une procédure judiciaire, a souligné Emmanuel Besnier, le président.
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En 2017/2018, Lactalis a ainsi enregistré un résultat courant de 2,3 %, à 1,18 milliard d’euros, pour un chiffre d’affaires en croissance de 6,1 %, à 17,3 milliard d’euros. Le bénéfice net de son côté a baissé à 387 millions d’euros (contre 406 millions sur l’exercice précédent).
Une stratégie d’acquisitions volontaire
Pour l’exercice qui s’achèvera en mars prochain, les dirigeants prévoient un chiffre d’affaires de 18,5 milliards d’euros, en croissance de 0,5 %, compte tenu de l’effet devises et un bénéfice net en légère progression. Ils ont également confirmé viser 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 2020. Un objectif réalisable grâce à une stratégie d’acquisitions active. Déjà sur l’exercice 2018/2019, Lactalis a réalisé huit opérations de croissance externe : les activités fromages de Kraft Heinz au Canada, Siggi’s aux États-Unis, Weber en Allemagne, Hanilor au Liban, Green Land en Egypte, Prabhat en Inde, l’ultra-frais de Nestlé en Malaisie et Aspen en Afrique du Sud. Des opérations soit autofinancées, soit réalisées par endettement "pour se développer sur un nouveau segment de produit dans une zone où le groupe est déjà présent, ou bien pour renforcer une nouvelle zone géographique", nous a précisé un porte-parole. En 2017/2018, la dette nette du géant laitier atteignait 4,061 milliards d’euros (contre 3,277 milliards d’euros en 2016/2017). Présent sur les cinq continents et dans 94 pays, Lactalis indique pourtant ne détenir que 5 % de parts du marché mondial des produits laitiers.