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Prix du lait Lactalis réduit la rémunération de ses éleveurs

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Lactalis a annoncé une baisse de son prix du lait calquée sur celle de Sodiaal : -5€/1000 litres. La Fédération nationale des producteurs de lait et la Délégation des groupements de producteurs livrant à Lactalis se préparent à saisir le médiateur des négociations commerciales pour dénoncer cette décision.

Après Sodiaal, Coralis et Terra Lacta, Lactalis se prépare elle aussi à baisser la rémunération de ses éleveurs. « Nous avons informé l’ensemble de nos producteurs d’une baisse du prix du lait de 5€/1 000 litres (par rapport aux indicateurs de l’interprofession, ndlr) à partir d’octobre », a annoncé, le 24 septembre, Michel Nallet, porte-parole du groupe Lactalis.
« Nous assistons depuis plusieurs mois à des décrochages (de prix) en série venant d’un certain nombre de coopératives, en particulier de Sodiaal », argumente-t-il. Depuis, « nous ne sommes plus en phase avec notre environnement », soutient Michel Nalet. Concernant l’évolution de ses prix, l’industriel ne fait d’ailleurs « pas de projection sur le long terme », incertain de ce que seront dans les mois à venir le marché et les politiques adoptées par ses concurrents.
 
La FNPL saisit le médiateur
La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a immédiatement « très fermement condamné cette attitude suiviste qui donne des signaux plus que négatifs à toute la filière », dans un communiqué du 24 septembre. « L’entreprise Lactalis aurait-elle des problèmes de fin de mois?». Dès le 26 septembre, la FNPL a annoncé dans un nouveau communiqué sa décision de « saisir le médiateur des négociations commerciales afin de faire toute la lumière sur la mise en œuvre de cette clause ». Selon la fédération, la « détermination de nouveaux éléments fixant le prix du lait ne peut se faire de manière unilatérale sans entrer en négociation avec les représentants des producteurs ». La Coordination rurale, de son côté, a appelé « solennellement le ministre de l’Agriculture et celui du Redressement productif à s’engager immédiatement dans un combat pour une régulation européenne de la production du lait », dans un communiqué du 26 septembre. « Sans un message clair dans ce sens, l’hécatombe va se produire dans les jours qui viennent », prophétise le syndicat.
 
Les groupements de producteurs préparent leurs propres saisines
Des saisines seront également déposées auprès du médiateur par la Délégation nationale des groupements de producteurs livrant à Lactalis, afin d’« obtenir les éléments technico-économiques qui justifient l’activation de la clause de sauvegarde », a annoncé, le 26 septembre, Sébastien Amand, porte-parole de la délégation. « La baisse de prix de Sodiaal ne suffit pas », considère-t-on chez les producteurs Lactalis. Les éleveurs appellent par ailleurs les laiteries à « revenir à des considérations plus hautes. Nous ne pouvons pas être les victimes de la guerre qu’ils se livrent entre eux », a réagi Sébastien Amand. Le danger étant que si le « métier d’éleveur ne paye plus, les producteurs se tourneront vers la céréalisation », alerte-t-il. Des revendications qui semblent n’avoir que peu d’impact sur les orientations de Lactalis. « L’entreprise freine les discussions car notre Organisation de producteurs (OP) n’est pas encore reconnue », interprète Sébastien Amand. En effet, si les OP Lactalis ont déjà reçu plus de 800 mandats de négociations de producteurs, la demande d’agrément est en attente de traitement par les pouvoirs publics depuis le mois de juillet.

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