Lactalis a décidé de transférer sa production de camemberts Lepetit jusqu’à présent fabriqués sur son site basé à Saint-Maclou, dans le Calvados. Cette décision est due à la baisse des volumes aussi bien à marque propre qu’à marque de distributeurs, conséquence selon le groupe de son retrait de l’appellation d’origine contrôlée « Camembert de Normandie ».
Site historique de fabrication des camemberts Lepetit, l’unité de production basée à Saint-Maclou, dans le Calvados, va limiter son activité à la collecte de lait. Telle est la décision prise par Lactalis qui n’a pas encore arrêté le nom du site récupérant la production du célèbre camembert. En cause : la baisse des volumes à marque de distributeurs et à marque Lepetit. « Depuis le début de l’année 2008, les volumes de camemberts diminuent davantage à marque de distributeur qu’à marque Lepetit, en raison des attaques subies depuis notre retrait de l’appellation d’origine contrôlée Camembert de Normandie », indique Luc Morelon, directeur des relations extérieures de Lactalis. L’affaire remonte au début de l’année 2007. Le groupe Lactalis et la coopérative Isigny Sainte-Mère, qui pèsent à eux deux 90 % des volumes des camemberts fabriqués en France, avaient arrêté la production de camembert au lait cru, invoquant des raisons sanitaires. Ils souhaitaient pouvoir utiliser la microfiltration du lait pour le premier et la « thermisation » pour le second, dans le process de fabrication du camembert AOC de Normandie. Deux pratiques interdites dans le cahier des charges de l’AOC. Après des mois de batailles, l’INAO a finalement confirmé l’obligation d’utiliser du lait cru dans la fabrication du camembert AOC Normandie, entraînant le retrait des deux industriels de l’AOC.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Effectif à la fin de l’année
Sur les 70 personnes concernées par cette fermeture, 25 salariés resteront sur le site de Saint-Maclou pour assurer la collecte d’environ 40 millions de litres de lait. « Nous avons une cinquantaine de postes à proposer au personnel dans la région », souligne Luc Morelon. Lactalis possède trois autres sites en Normandie, dont celui de Lisieux, qui ne devrait pas recevoir les 4 000 tonnes de camemberts. « Lisieux est un site de produits ultra-frais, il est exclu qu’il fabrique les camemberts Lepetit », indique Luc Morelon. Le directeur des relations extérieures du groupe invoque également « la forte hausse des prix du lait qui a fait passer au camembert le seuil psychologique des deux euros ». Ce transfert de production devrait être effectif d’ici un à deux mois.