Washington a présenté le 5 mai un projet de réglementation visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des biocarburants, tout en confirmant l’objectif fixé par l’administration précédente pour la production d’éthanol à partir du maïs.
L’administration du président Barack Obama va publier au Registre fédéral, sur plus de 1 000 pages, un projet de réglementation apportant des modifications à l’actuel Programme de normes des carburants renouvelables qui sera ouvert aux commentaires du public. Ceux-ci aideront le gouvernement à trouver le meilleur moyen de mesurer le réchauffement global lié aux biocarburants avant d’élaborer des dispositions définitives, a expliqué Lisa Jackson, administratrice de l’Agence américain de protection de l’environnement (EPA).
Ethanol de maïs et seconde génération
La réglementation envisagée par l’administration Obama a pour objectif de rendre plus efficace l’éthanol à base de maïs et d’accroître la production de biocarburants de la seconde génération. La production d’éthanol de maïs a été critiquée pour sa contribution à la hausse des prix alimentaires et les émissions de gaz à effet de serre qu’il entraîne indirectement en favorisant la déforestation dans certains pays pour laisser la place à des terres agricoles.
Le président américain a appelé les patrons de l’EPA, du département de l’énergie et de celui de l’agriculture à présider un groupe chargé d’identifier les mesures propres à développer les biocarburants de la seconde génération et à accroître la mise sur le marché d’automobiles « flex fuel » qui peuvent fonctionner à l’essence ou avec un carburant-éthanol.
Objectifs quantitatifs confirmés
Parallèlement, le projet de réglementation, concocté par l’EPA, confirme le calendrier du Programme de normes des carburants renouvelables, signé en 2007 par l’ancien président George W. Bush, qui prévoit le mélange de 136 milliards de litres (36 milliards de gallons) par an de biocarburants dans l’essence d’ici 2022 ainsi que, à l’horizon 2015, le mélange dans l’essence de 15 milliards de gallons par an d’éthanol à base de maïs et de céréales.
Le projet confirme également l’objectif d’incorporer annuellement, d’ici 2022, 16 milliards de gallons d’éthanol cellulosique issu de substances comme le « switchgrass » ou les déchets agricoles. Cet éthanol s’annonce prometteur pour obtenir un carburant émettant moins de carbone et ne provoquant pas des hausses des prix alimentaires, mais il n’est pas encore assez rentable pour être commercialisé.
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L’un des objectifs de la réglementation en préparation est aussi d’amener les bio-raffineries qui fabriquent ce produit à fonctionner avec de l’énergie plus propre, telle la biomasse, plutôt qu’avec des carburants fossiles. Ceci en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout au long de la chaîne de production.
Tenir compte du changement indirect d’affectation des terres
Selon Mme Jackson, « l’éthanol à base de maïs est un pont vers la nouvelle génération ». Le groupe de travail inter-départements étudiera les moyens de développer ces nouveaux biocarburants et de les mettre sur le marché.
L’administration Obama compte y consacrer près de 790 millions de dollars, et il a été demandé au secrétaire à l’agriculture, Tom Vilsack, d’accélérer les financements (garanties de prêt, etc.) au titre de la loi agricole de 2008 pour la construction d’usines de démonstration.
Parallèlement, le projet de réglementation rend obligatoire la réduction des émissions de gaz à effet de serre des carburants de substitution. Il tient compte des rejets de dioxyde de carbone liés au « changement indirect d’affectation des terres », ce qui inclut la pollution due au fait que la culture de végétaux comme le maïs destinés à la production de biocarburants déplace d’autres récoltes, amenant les agriculteurs de pays tiers à supprimer des forêts ou des prairies.
De façon générale, les fabricants américains d’éthanol de maïs s’opposent à de telles dispositions, faisant valoir que les progrès en matière de semences et d’engrais réduisent la nécessité de disposer de plus de terres pour leur production.