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UE/Additifs L’AESA examine les récentes études sur la sécurité des édulcorants

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Suite à la publication récente de nouvelles données expérimentales et épidémiologiques par deux équipes de recherche italienne et danoise sur le potentiel cancérigène des édulcorants et sur le lien possible entre la consommation d’édulcorants et les accouchements prématurés, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA) va publier dans une quinzaine de jours un avis sur la question. L’évaluation scientifique de l’AESA sera menée en étroite collaboration avec l’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

À la fin du mois de février 2011, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire devrait publier une « déclaration scientifique » concernant deux études récentes relatives à la sécurité des édulcorants artificiels, en réponse à une demande d’assistance technique de la part de la Commission européenne. La première étude publiée a été menée par l’Institut de recherche sur le cancer Ramazzini (Bologne, Italie) et porte sur le potentiel cancérigène de l’aspartame chez la souris (Dr Morando Soffritti et al., décembre 2010) (1). La seconde est une étude épidémiologique danoise qui examine l’association entre la consommation de boissons non alcoolisées édulcorées au sucre ou aux édulcorants de synthèse et le risque d’accouchement prématuré chez les femmes enceintes danoises (Halldorsson et al., 2010).

Potentiel cancérigène ?
Lors de leur réunion plénière du 1er au 3 février 2011, les scientifiques du groupe ANS (groupe scientifique sur les additifs alimentaires et sources de nutriments ajoutés aux aliments) de l’AESA ont eu un premier débat sur ces récentes publications et ont évoqué les travaux scientifiques additionnels qui pourraient être envisagés. Le groupe scientifique a noté que le type de tumeurs et l’incidence des tumeurs rapportées par l’équipe de Morando Soffritti apparaissaient spontanément à des taux élevés chez la souris mâle. Le groupe a également observé que l’incidence accrue de ces tumeurs chez les souris exposées à l’aspartame dans l’alimentation, bien que statistiquement significative, restait dans la fourchette de contrôle historique pour ces tumeurs chez ces souris. L’Aesa encourage le groupe scientifique à poursuivre son analyse des résultats et des conclusions de l’étude de l’équipe de recherche de l’Institut Ramazzini, et demande aux auteurs de lui fournir l’ensemble des données « pour, éventuellement, les réexaminer ».

Liens possibles avec des accouchements prématurés ?
Le groupe ANS a également pris en considération l’étude épidémiologique danoise dont les résultats suggèrent que la consommation quotidienne de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants de synthèse peut être liée à un risque accru d’accouchement prématuré. Ces résultats sont fondés sur l’association statistique observée au cours d’une étude de cohorte prospective entre la consommation de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants de synthèse et l’accouchement prématuré. L’Aesa souligne que l’étude épidémiologique, en elle-même, « ne peut établir une relation de cause à effet entre la prise d’édulcorants artificiels et le risque d’accouchement prématuré ». Comme précisé par les auteurs, des recherches complémentaires (y compris des études expérimentales) seront nécessaires pour infirmer ou confirmer ces résultats, indique l’AESA. Le groupe scientifique de l’AESA a précisé que des connaissances spécialisées seront requises « pour pouvoir apporter des éléments d’information additionnels concernant la méthodologie et les aspects statistiques de cette étude, y compris les implications d’éventuels facteurs confondants ». D’aucuns estiment que les résultats de ces deux nouvelles études devraient inciter les responsables communautaires à réévaluer les risques liés à une substance utilisée régulièrement par 200 millions de personnes dans le monde.

(1) En décembre 2010, le Dr Morando Soffritti a publié avec l’équipe du Centre de Recherche sur le Cancer Ramazzini de Bologne dans la revue de référence « American Journal of Industrial Medicine », sa 3e publication mettant en évidence un effet cancérigène possible de l’aspartame.

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