« Les données actuellement limitées et l’absence de méthodologies expérimentales validées pourraient rendre l’évaluation des risques de certains nanoproduits très difficile et sujette à un degré élevé d’incertitude ». C’est l’avis énigmatique que vient de publier l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) sur « la nanoscience et les nanotechnologies en relation avec la sécurité de l’alimentation humaine et animale ». Les scientifiques européens concluent qu’une approche « au cas par cas » serait nécessaire ainsi que la poursuite des recherches et des investigations « pour apporter des réponses aux nombreuses incertitudes actuelles et aux données actuelles limitées ».
L’avis des scientifiques de l’AESA s’est concentré sur l’utilisation des nanotechnologies, en particulier des nanomatériaux manufacturés (NMM), dans la chaîne alimentaire humaine ou animale. Il expose les différentes approches et les méthodologies d’évaluation des risques de ces très petites substances, mais n’aborde aucune application particulière de NMM spécifiques. Ses recommandations portent notamment sur les mesures spécifiques suivantes :
– étudier l’interaction et la stabilité des NMM dans l’alimentation humaine et animale, dans l’appareil gastro-intestinal et les tissus biologiques
– développer et valider des méthodes systématiques pour détecter, caractériser et quantifier les NMM dans les matériaux en contact avec les aliments et dans l’alimentation humaine et animale
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
– développer, améliorer et valider des méthodes expérimentales pour évaluer la toxicité des NMM (y compris la fiabilité et la pertinence des méthodes expérimentales).
L’AESA assure que cette question restera une « priorité » pour ses scientifique qui ont déjà constitué un groupe de travail composé d’experts afin de rester informés de toute donnée nouvelle, scientifique ou autre, susceptible de les aider « à rendre les meilleurs avis scientifiques possible sur la base des preuves les plus récentes ». L’AESA se promet d’adopter une approche prudente au cas par cas et elle espère que de nouvelles données et de nouvelles études seront disponibles rapidement « pour l’aider à éclairer ses futurs avis scientifiques ». L’avis scientifique de l’AESA devrait permettre à la Commission européenne d’explorer les mesures appropriées, d’évaluer la législation existante et de déterminer la portée des éventuelles demandes d’avis scientifiques qui pourraient êtres faites à l’AESA dans ce domaine.