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UE/Sécurité alimentaire L’AESA plaide pour une harmonisation de la collecte des données

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Il est essentiel de disposer de données précises et comparables sur l’occurrence des différentes substances présentes dans les denrées alimentaires et sur les habitudes alimentaires des consommateurs afin de pouvoir fournir des évaluations des risques pour la santé et des conseils de haute qualité sur des questions nutritionnelles. C’est ce qu’affirme l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA) dans un rapport (1) qu’elle vient de publier, un rapport qui plaide en conséquence pour une harmonisation de la collecte des données au niveau européen.

Dans un rapport qu’elle vient de publier sur ses activités en cours et ses priorités en matière de collecte de données, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire insiste sur la nécessité de disposer de données « précises, exhaustives et comparables » sur l’occurrence des différentes substances ou micro-organismes présents dans les denrées alimentaires et sur les habitudes alimentaires des consommateurs afin que ses experts soient en mesure « de fournir des évaluations des risques et des conseils de haute qualité sur des questions nutritionnelles et sanitaires ». D’où la nécessité, dit-elle, d’améliorer la comparabilité technique des données qu’elle reçoit et qu’elle analyse et donc d’harmoniser la collecte des données relatives à la consommation alimentaire. L’AESA note dans son rapport que ses conseils scientifiques reposent sur les données disponibles les plus complètes et les plus récentes possibles et, en étroite collaboration avec les États membres de l’UE et d’autres partenaires, ce qui lui a permis d’accomplir « des progrès notables dans ce domaine au cours de ces dernières années ».
Comme on le sait, l’AESA a établi un programme de collecte de données qui émet une série de rapports, dont certains sont publiés chaque année, par exemple le rapport communautaire annuel sur les zoonoses (en collaboration avec le Centre européen de prévention et de contrôle) ou le rapport annuel sur les résidus de pesticides dans les aliments. D’autres sont produits sur une base ad hoc, par exemple celui sur les micro-organismes (principalement Salmonella et Campylobacter) ou sur les contaminants chimiques (ces derniers incluaient les hydrocarbures aromatiques polycycliques, l’acrylamide, les furanes et les dioxines). Pour la seule année 2009, l’AESA a produit neuf rapports qui ont été communiqués aux parties prenantes et intéressées.

Vers une enquête pan-européenne sur la consommation
L’AESA a également établi un programme de collecte de données sur la consommation alimentaire. En 2005, son comité scientifique l’a chargée de la création d’une base de données harmonisées de l’UE sur la consommation alimentaire et, suite à un Colloque scientifique en 2005 à Bruxelles, il a été recommandé que l’AESA tienne le rôle principal dans la coordination d’une enquête pan-européenne sur l’alimentation. Le Colloque a également recommandé d’envisager la manière dont les données de consommation alimentaire recueillies pourraient appuyer les objectifs d’autres États membres tels que les données à des fins nutritionnelles et de santé publique. Avec le soutien des États membres, l’AESA a établi une « Base de données concise sur la consommation alimentaire européenne », opérationnelle depuis la fin de février 2008. Il s’agit de la première base de données en Europe contenant des informations sur la base d’enquêtes alimentaires individuelles de 19 pays européens. Toutefois, les États membres de l’UE utilisent des méthodes différentes pour collecter des données sur la consommation alimentaire, ce qui complique les analyses à l’échelle de l’UE ou les comparaisons entre pays.
En étroite collaboration avec les États membres de l’UE, l’AESA appelle de ses vœux l’harmonisation de la collecte de données relatives à la consommation alimentaire afin de lui permettre d’effectuer des évaluations de l’exposition plus précises et plus performantes. Une proposition de projet visant à lancer une enquête paneuropéenne sur la consommation alimentaire (« EU Menu ») a été présentée à Athènes en novembre 2009. Cet outil essentiel de l’évaluation des risques devrait permettre la collecte de données détaillées et harmonisées sur la consommation alimentaire au niveau des individus dans toute l’UE. Ce projet a aujourd’hui reçu l’aval des États membres, des institutions européennes, y compris la Commission européenne et des membres du Forum consultatif de l’AESA (Etats membres de l’UE + la Suisse et la Norvège). La collecte de données sur la consommation alimentaire est planifiée comme un programme continu de 2012 à 2017, avec une phase préparatoire en 2010-2011.

(1) Conformément à l’article 33 du règlement fondateur de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (n° 178/2002), ce rapport sur les activités de l’AESA dans le domaine de la collecte des données a été envoyé à la Commission européenne, au Parlement européen et au Conseil des ministres.

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