« Nos experts ne sont pas en mesure de donner un avis scientifique sur l’application des nanotechnologies dans le domaine agroalimentaire pour le printemps 2008 comme demandé par les autorités communautaires ». C’est la réponse qu’a fournie en substance l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) à la Commission européenne qui lui a confié un mandat l’invitant à évaluer l’ensemble des risques qui pourraient intervenir dans le cas de la mise sur le marché de produits alimentaires ayant fait appel aux nanotechnologies pour leur production.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) explique que la date du 31 mars 2008 pour remettre un avis fondé sur les applications alimentaires des nanotechnologies n’est pas tenable en raison notamment de la vaste gamme de nanomatériaux existant sur le marché avec chacun différentes propriétés physico-chimiques et profils de sécurité Le premier de nano-matériaux en contact avec les aliments (une couche de dioxyde de silicium) a déjà été approuvé par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire en 2007.. Un tel avis ne serait pas possible avant l’été 2008.
Les experts de l’AESA se contenteront d’émettre un premier avis scientifique sur les applications des nanotechnologies dans le domaine agroalimentaire durant l’été 2008. A cet effet ils ont décidé de créer un groupe de travail de 10 à 15 experts scientifiques originaires de différents Etats membres pour analyser ces applications en s’appuyer notamment sur des avis déjà établis par les organes consultatifs scientifiques de l’UE et par certains pays tiers.
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En tout cas il est clair pour tous que l’utilisation croissante de la nanotechnologie dans les applications alimentaires pose de nouveaux défis à la fois pour la recherche scientifique, pour la réglementation en Europe du marché de l’alimentation et de la nutrition mais également et surtout pour les consommateurs confrontés à cette nouvelle technologie de l’infiniment petit. Les principales préoccupations au sujet de ces nouvelles technologies tiennent à la taille minuscule des produits, à leur capacité à franchir les barrières biologiques naturelles ou à leur aptitude à connecter des créatures vivantes avec des matériaux et systèmes artificiels. D’aucuns s’accordent à dire qu’il est nécessaire de mener une recherche plus approfondie sur les risques sanitaires et écologiques des nanoparticules afin de faire en sorte que les scandales comme celui de l’amiante ne reviennent pas hanter les entreprises de nanotechnologies.
Code de conduite pour la recherche
Parallèlement, la Commission européenne a lancé cette année une consultation publique sur une recherche responsable en nanosciences et en nanotechnologies. La consultation qui s’est achevée en septembre 2007 devrait permettre de collecter des informations pour élaborer une recommandation à l’intention des États membres en vue d’un éventuel code de conduite dans ce domaine récent de la science que la Commission soumettra d’ici la fin de l’année. La Commission a reçu de nombreuses contributions notamment de la part de la communauté scientifique, de l’industrie, de la société civile, des décideurs politiques, des médias et du grand public. Ce code de conduite énoncerait les principes fondamentaux qui sous-tendraient les évolutions futures de la recherche en nanotechnologies et inviterait les intéressés à entreprendre des actions concrètes en vue d’assurer un développement et une utilisation sûrs des nanotechnologies. « Il importe que nous développions ces connaissances en sachant parfaitement quelles sont les implications de nouvelles branches de la science et que cela se fasse ouvertement et en y associant toutes les parties prenantes. Le processus de consultation lancé par la Commission témoigne de son engagement à tirer parti du potentiel des nanosciences en mettant en place les garde-fous nécessaires », a indiqué Janez Potocnik, le commissaire européen à la recherche.