Abonné

UE/Additifs L’AESA réduit les DJA pour trois colorants alimentaires

- - 4 min

Le groupe scientifique de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) en charge des additifs (groupe ANS) préconise de réduire les doses journalières acceptables (DJA) pour les colorants alimentaires artificiels jaune de quinoléine (E104), jaune orangé S (E110) et Ponceau 4R (E124) (1). Le même groupe estime que les données actuellement disponibles ne rendent pas nécessaire la modification des DJA existantes pour trois autres colorants évalués – tartrazine (E102), azorubine/carmoisine (E122) et rouge Allura AC (E129). Ces décisions entrent dans le cadre de l’opération de réévaluation systématique de tous les additifs alimentaires autorisés dans l’Union décrétée par la Commission européenne et en priorité, ceux qui, à la lumière de la publication de nouvelles études, suscitent des préoccupations en ce qui concerne la santé des consommateurs.

Des six colorants alimentaires dont il a réévalué la sécurité, le groupe scientifique de l’Autorité européenne de sécurité des aliments en charge des additifs (groupe ANS) a recommandé d’abaisser la dose journalière acceptable (DJA) dans trois cas: le jaune de quinoléine (E 104), le jaune orangé S (E 110) et le ponceau 4R (E 124). Sur base de toutes les études et expériences disponibles, les scientifiques ont notamment constaté que l’exposition actuelle des consommateurs à ces colorants est susceptible de dépasser les nouvelles DJA recommandées pour les adultes et les enfants. Ainsi en ce qui concerne par exemple le jaune de quinoléine (E 104), le panel de l’AESA a conclu que les doses d’utilisation actuelles sont généralement bien supérieures à la dose journalière acceptable de 0,5 mg/kg par poids/jour. Celles-ci atteindraient en effet une dose de 4,1 mg/kg par poids/jour chez les enfants âgés de 1 à 10 ans et jusqu’à 1,2 mg/kg par poids/jour chez les adultes. La consommation excessive de ce type de colorants est susceptible, selon certaines études, de provoquer des allergies (urticaire, rhinites et même asthme).

Etudes disponibles plutôt limitées
Le groupe ANS a par ailleurs conclu que la DJA existante n’avait pas besoin d’être changée pour les trois autres colorants qui ont été ré-évalués : tartrazine (E 102), azorubine/carmoisine (E 122) et rouge allura AC (E 129). Le groupe scientifique a conclu que seuls les enfants consommant beaucoup de produits alimentaires et de boissons contenant de l’azorubine/carmoisine ou rouge allura AC pourraient dépasser la DJA pour ces colorants. Pour cinq des six colorants réévalués (jaune de quinoléine, jaune orangé S, ponceau 4R, azorubine/carmoisine et rouge allura AC), le groupe scientifique a conclu que les études et données limitées disponibles ne permettent pas d’établir de lien de cause à effet entre les colorants individuels et des réactions d’intolérance telles que des irritations de la peau ou des narines. Pour les six colorants réévalués, le groupe ANS a conclu que les données actuellement disponibles ne démontrent pas non plus un lien de causalité entre les colorants individuels et les éventuels effets comportementaux.

« Pas de lien entre certains colorants et l’hyperactivité des enfants »
L’AESA évalue actuellement la sécurité de tous les additifs alimentaires individuels dont l’utilisation est autorisée dans l’Union, à commencer par les colorants alimentaires. La Commission européenne a demandé à l’AESA de considérer ces six colorants comme une priorité suite à la publication par l’université de Southampton (McCann et al) en 2007 d’une étude – connue sous le nom d’« étude Southampton » – qui établit un lien entre certains mélanges de ces colorants avec l’agent conservateur benzoate de sodium et l’hyperactivité chez les enfants. John Larsen, le président du groupe ANS, a précisé que si l’AESA a recommandé de réduire les DJA pour trois des six colorants qu’elle a réévalués, « elle l’a fait pour des motifs distincts dans chaque cas, car des données différentes étaient disponibles pour chacun des composés individuels ». Selon lui, les données disponibles actuellement – « y compris l’étude Southampton elle-même » – n’apportent pas de preuves attestant d’une relation de cause à effet entre les colorants individuels et d’éventuels effets sur le comportement.

(1) La dose journalière acceptable est la quantité d’une substance qui peut être ingérée quotidiennement, pendant toute une vie, sans risque notable pour la santé.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
sécurité
Suivi
Suivre