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Aliments du bétail L’Afab réfléchit à l’amélioration de la compétitivité des fabricants de l’Ouest

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Comme l’incidence du marché des matières premières sur le coût de l’aliment n’est que peu maîtrisable, l’Association des fabricants d’aliments du bétail de Bretagne (Afab) cherche à développer sa compétitivité sur d’autres secteurs comme les approvisionnements.

Distorsion de concurrence à lever, compétitivité des ports à améliorer, exploitation des graisses animales à développer… l’Association des fabricants d’aliments du bétail de Bretagne (Afab) a présenté dans une conférence au Space, le 15 septembre, une série de mesures afin de regagner en compétitivité. Pour Laurent Morin, délégué général de l’Afab, « les marchés des matières premières ont une incidence directe sur les coûts de l’aliment, mais ils ne sont pas maîtrisables. » Selon lui, « nous sommes passés dans un marché de matières premières de deuxième génération » en 2007, avec une hausse des cours qui s’est stabilisée autour de 170€ en moyenne pour les céréales (au lieu de 133€ entre 1994 et 2007) et 308€ pour les tourteaux de soja (au lieu de 215€). À partir de cette donnée, les fabricants d’aliments ont cherché à jouer sur d’autres critères comme les distorsions de concurrence (présence ou non d’OGM, dumping social) ou l’approvisionnement.

Fluidifier les approvisionnements
Pour élargir leurs approvisionnements en matières premières, les fabricants d’aliments bretons souhaitent investir avec l’aide des pouvoirs publics au maximum 10 millions d’euros afin de développer le transit rail-route dans la région. Des trains entiers seraient alors achetés et leurs marchandises redistribuées entre les fabricants. Pour compléter ce projet, les opérateurs bretons militent depuis maintenant près de 3 ans pour la mise en place de camion de 44 tonnes à 5 essieux. « Avec 5 essieux, le gain de compétitivité serait de 11%, explique Laurent Morin. Pour l’Ouest, cela représente 15 millions d’euros d’économie. Il sera nul par contre si le gouvernement maintient 6 essieux. » Un collectif breton, regroupant des entreprises de l’agroalimentaire et de l’agriculture (AFAB, ABEA, UGPVB, l’Interprofession laitière bretonne, FNTR, FRSEA, Cerafel, CRAB, Feedsim Avenir, Medef Bretagne), a vu le jour en juin 2010 afin d’éviter la mise en place d’un sixième essieu, contraire à la compétitivité et peu favorable à l’environnement. Du côté des ports, « nous avions connu des problèmes d’engorgements avec des difficultés de stockage des produits durant la crise des matières premières de 2007 », ajoute-t-il. Une charte a donc été créée fin 2009 sur le port de Lorient entre les fournisseurs de marchandises, les transitaires stockeurs, les fabricants d’aliments et les transporteurs.

Réintroduire les graisses animales dans l’aliment
« Cette charte définit les règles précises de passage de commande et de prise de rendez-vous pour les chargements en magasin ainsi qu’en direct de bord », continue Laurent Morin. La fluidification du trafic ainsi obtenu apportera un gain évalué à plus de 10€ par tonne de matières premières importées. Gain non négligeable même s’il ne permettra pas de combler la différence de compétitivité par rapport aux ports du nord de l’Europe. Pour finir, Laurent Morin aborde le problème des graisses animales qui, réintroduit dans l’aliment du bétail en France, permettraient une économie, à court terme, de 4 millions d’euros « en porc » sur le grand Ouest et de près de 10 millions d’euros, toutes filières confondues. Actuellement, l’export vers l’Espagne reste le principal débouché des graisses animales françaises car les cahiers des charges ne permettent pas leur réintroduction dans l’alimentation du bétail en France. Dans l’Union européenne, l’alimentation animale (729 000 tonnes pour les animaux de rentes et 323 000 tonnes en pet food pour 2009) et la lipochimie (602 000 tonnes en 2009) sont les grands secteurs consommateurs de ces graisses. Par ailleurs, cette réintroduction limiterait l’utilisation des huiles de palme et de soja, entraînant un gain environnemental de 200 000 tonnes d’équivalent CO2.

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