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Communication L’Aficar est enterrée

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L’Aficar (Agence française d’information et de communication agricole et rurale) a connu son 11 septembre. L’édifice public créé en février 2006 s’est effondré suite au vote de son conseil d’administration en faveur de sa disparition. Le représentant de la FNSEA au conseil d’administration n’a en effet pas pu assurer qu’elle réunirait les financements pour assurer la création d’un fonds professionnel. Même si le premier objet de ce fonds n’était pas de conforter l’Aficar dans un débat budgétaire difficile, la profession se devait de mettre la main à la poche. C’est raté. Et la mort de l’Aficar plonge le monde agricole majoritaire dans son passé récent où il n’a pas été capable de s’entendre pour communiquer. L’Aficar avait été créée pour mettre justement fin à cette situation.

Feu l’Aficar, établissement public (Epic) paritaire et pluraliste. « Le 11 septembre » lui a été fatal. Le conseil d’administration de l’agence, qui pouvait conforter l’agence et sa ligne de crédit à quelques jours du débat budgétaire parlementaire, l’a finalement enterré. Il ne lui reste que quelques mois à vivre. Cet établissement doté par l’État d’un budget de 1,5 million d’euros pour la promotion de l’agriculture, disparaîtra donc le 31 décembre 2008.

La main à la poche

La profession agricole avait été poussée par la démission en mars 2008, de Philippe Vasseur, à prendre ses responsabilités… budgétaires. Elle devait mettre la main à la poche pour assurer la pérennité de l’agence. Depuis, la FNSEA porte le projet de création d’un fonds de communication professionnelle. Pour Xavier Beulin, vice-président de la FNSEA, en charge du dossier, le financement de ce fonds devait passer par un redéploiement de la ressource interprofessionnelle de manière pluriannuelle (Agra presse du 4 août page 12). Évidemment, la profession agricole devait garder la main sur cet outil. Le calendrier était défini. L’annonce de principe de ce fonds devait se faire en septembre. Mais, contre toute attente, la FNSEA a provoqué la chute de l’Aficar, ce 11 septembre, Jean-Paul Bastian, représentant la FNSEA, n’a pu assurer le conseil d’administration de l’agence que ce fonds professionnel allait être abondé. Il s’agissait d’assurer au moins un financement à hauteur de la ligne budgétaire de l’agence.

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Un coup de théâtre

Pourtant, le 10 septembre au Space, lors d’un débat public organisé par le Syrpa, Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA a évoqué ce fonds en ne mettant jamais en doute ni sa constitution ni la pérennité de l’Aficar. Des agences de communication ayant pignon sur rue ont même déjà été contactées par la FNSEA. L’idée était « d’être prêts pour le Salon de l’agriculture 2009 », selon Xavier Beulin qui s’exprimait dans Agra presse début août.

Suite à l’annonce de Jean-Paul Bastian, un vote du conseil d’administration de l’Aficar a décidé de la mort de l’agence. Notons que la FNSEA a voté pour la suppression de l’Aficar comme, logiquement l’administration. La Confédération paysanne s’est prononcée contre la fin de l’Aficar. L’APCA, les Jeunes agriculteurs et… la Coordination rurale se sont abstenus. Un vote qui s’est assorti d’une sorte de « résolution ». Le ministère de l’Agriculture devrait tout faire pour conserver cette ligne « communication » dans son budget, pour, le cas échéant aider la profession agricole à communiquer ! Sur un air de déjà-vu qui a duré quelques années et a précédé la constitution de l’Aficar, le monde agricole majoritaire se retrouve à nouveau confronté à ses dissensions.