Abonné

L’Afrique de l’Ouest invitée d’honneur du 28e Sommet de l’élevage

- - 2 min

Pour la première fois, le Sommet de l’élevage (du 2 au 4 octobre à Clermont-Ferrand) met à l’honneur non pas un pays, mais un groupe de pays : l’Afrique de l’Ouest. « L’Afrique est un continent qui a plus de potentiel de développement économique que nous », a expliqué Jacques Chazalet, le président du salon, lors d’une conférence de presse le 19 juin. Avec 1,3 milliard d’habitants supplémentaires d’ici 2050, « plus de la moitié de la croissance démographique dans le monde aura lieu en Afrique », a affirmé l’Onu le 17 juin. Mais si elle veut répondre à la demande générée par cette explosion démographique, la filière élevage africaine devra d’abord surmonter de nombreuses difficultés. « Le commerce du bétail est très informel », explique Timbila Thomas Sawadogo, secrétaire permanent de la Cofenabvi-AO (interprofession bétail et viande de l’Afrique de l’Ouest). « Les intermédiaires ne favorisent pas les producteurs », poursuit-il. Par exemple, les éleveurs n’ont pas directement accès à leurs clients, mais doivent passer par des « logeurs », qui les hébergent et les mettent en relation avec les bouchers… moyennant commission.

Historiquement, les pays du Sahel (Burkina Faso, Mali et Niger) exportent 400 000 bovins par an vers les pays côtiers, gros consommateurs (Côte-d’Ivoire, Sénégal, Ghana, Togo et Bénin). Des flux qui représentent au moins 109,3 milliards de francs CFA (environ 166,7 M€). Mais « le marché est très fortement perturbé », notamment par la présence des djihadistes dans la région du Sahel. Sans oublier les difficultés liées au manque d’organisation, au transport des animaux, aux conflits lors des transhumances ou aux soubresauts politiques qui freinent la structuration de la filière. Les mentalités sont en train d’évoluer, souligne toutefois Timbila Thomas Sawadogo : « Il y a une prise de conscience des États que le secteur de l’élevage fournit un revenu à beaucoup de monde, et permet de lutter contre la malnutrition. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

« Le marché est très fortement perturbé »