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L’Agence bio adapte son soutien pour participer à la future relance économique

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L’Agence bio a exceptionnellement ajouté une troisième phase de candidature pour les demandes auprès du fonds Avenir Bio. Florent Guhl, directeur de l’agence, détaille cette mesure et dresse un bilan de l’activité du fonds pour Agra Presse.

« Nous avions d’abord simplement imaginé repousser la date de candidature, mais certaines entreprises, qui avaient déjà des projets d’investissement, nous ont fait part de leur besoin d’aide pour relancer leur activité après le confinement », indique Florent Guhl, directeur de l’Agence bio.

Jouant d’un hasard du calendrier, l’agence a finalement divisé l’appel à manifestation historiquement publié en mars pour accompagner au mieux les porteurs de projet dans la crise. Elle maintiendra donc cette année son appel à manifestation d’intérêt entre mars et juin, mais ouvrira exceptionnellement une troisième phase de candidature en septembre.

L’intérêt de maintenir ce financement est d’autant plus fort que le fonds, comme le souligne Florent Guhl, est « à pleine vapeur ». Dans le cadre du plan Ambition bio, la dotation annuelle est passée de 4 à 8 millions d’euros depuis 2017. Cette enveloppe finance désormais chaque année 15 à 20 projets nationaux ou transrégionaux de transformation ou de stockage, avec un plafond de 700 000 €.

Filières équitables

« Le fonds s’adresse plutôt à des entreprises de milieu de chaîne, rarement aux distributeurs ou aux agriculteurs. Pour retenir les projets, nous demandons cependant que l’entreprise bénéficiaire noue des liens contractuels forts avec l’amont et l’aval », rappelle Florent Guhl. Le fonds avenir bio espère donc structurer les filières, avec une vision du bio équitable, mais également participer au développement de nouvelles productions, comme le houblon bio français.

Parmi les résultats dont le fonds avenir bio peut déjà s’enorgueillir : la hausse des surfaces en céréales bio, bien que l’agence n’en soit évidemment pas la seule architecte. « Il y a beaucoup de projets de construction de silos, de transformation ou de fabrication d’aliments. Nous avons encore un grand déficit de production française en grandes cultures bio, et nous ne pourrons le résoudre qu’à condition de développer toute la filière », souligne Florent Guhl. Environ 40 % des financements du fonds seraient réservés aux grandes cultures d’après des chiffres de 2015.

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Les effets inconnus de la crise

Autre secteur d’intérêt pour le fonds : la restauration collective, où les dispositions de la loi Egalim entraînent de nouveaux besoins. « Il est difficile de trouver des porteurs de projets sur ces aspects, mais c’est essentiel. Parce que pour atteindre les 20 % de produits bio, on ne peut simplement demander aux producteurs de livrer, et il faut des dispositifs logistiques nationaux », analyse Florent Guhl. L’agence bio finance donc depuis 2011 Manger Bio Ici et Maintenant, un réseau de plateformes de distribution de produits bio en restauration collective, géré par des organisations de producteurs.

Quel effet la crise du coronavirus aura-t-elle sur ces initiatives ? Dans un contexte de baisse de pouvoir d’achat, les consommateurs pourraient-ils se détourner du bio ? « On a du mal à avoir des éléments objectifs », reconnaît Florent Guhl. Il espère cependant que « nos concitoyens mettront l’accent encore plus fortement sur les produits frais et locaux, dont le bio a toujours été un acteur important ».