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Foncier L’agence des espaces verts protège le foncier agricole en Ile de France

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Créé en 1976, l’Agence des espaces verts (AEV) a pour vocation de conserver et de protéger des zones naturelles et agricoles en Ile de France. Cet établissement public, après avoir longtemps focalisé son activité sur la conservation des zones forestières, a vu ses métiers évoluer vers la protection du foncier agricole en Ile de France dans les années 1990 à 2000. Le président de l’AEV, Olivier Thomas, souhaite que ce modèle d’établissement, qui n’existe qu’en Ile de France, se développe dans d’autres régions, car l’urbanisation menace chaque jour davantage le foncier, notamment agricole.

«L’AEV a été créée en 1976 par l’Assemblée nationale, à la suite de la création du Conservatoire du littoral en 1975. Ces deux agences reposent sur une même logique d’acquisition de foncier afin de le protéger de l’urbanisation », explique Olivier Thomas, président de l’agence des espaces verts (AEV) d’Ile de France. Selon lui, « l’AEV, après avoir surtout géré la conservation des zones de forestières, a vu ses métiers évoluer vers la conservation des espaces agricoles en Ile de France dans les années 90 à 2000 ».

Acquérir du foncier pour le protéger et faciliter les installations

« L’AEV avait fait le tour des espaces forestiers à protéger en Ile de France, le danger s’est ensuite porté sur l’espace agricole considéré comme vide, et donc constructible », souligne Olivier Thomas. Ainsi, pour éviter la disparition de ces espaces, l’AEV participe à l’installation des jeunes agriculteurs en Ile de France. « L’agence fait du portage de foncier, qu’elle acquiert avec l’aide des Safer pour les conserver de façon définitive en espaces naturels ou agricoles », explique Olivier Thomas. L’agence propose ainsi des baux ruraux de long terme aux agriculteurs s’installant, « ce qui leur facilite l’accès aux crédits » souligne le président de l’AEV. De plus, pour répondre à une demande croissante en Ile de France, l’AEV favorise l’installation d’agriculteurs biologiques ou leur conversion en proposant des baux ruraux environnementaux. Ainsi, l’AEV facilite une dizaine de nouvelles installations en agriculture chaque année en Ile de France. L’AEV s’attelle ainsi à geler pour usage agricole des terres cultivées en Ile de France en collaboration avec le SDRIF (schéma directeur de la région Ile de France). Une carte des espaces agricoles d’Ile de France a d’ailleurs été créée pour « refaire la ville sur la ville et stopper le grignotage des espaces arables », insiste Olivier Thomas.

L’AEV un système qui n’est pour le moment que francilien

Pour l’instant, l’AEV n’existe qu’en Ile de France, mais « les autres régions seraient bien inspirée d’en faire de même », commente Olivier Thomas. D’ailleurs, selon lui, des discussions ont eu lieu lors de la dernière assemblée des régions de France. « Ce type de structure a tendance à intéresser les régions Paca, Rhône-Alpes ou Midi-Pyrénées avec des dangers pour la conservation des terres agricoles autour de grandes villes comme Marseille, Lyon ou Toulouse », explique le président de l’AEV. A titre d’exemple, l’un des récents fait d’arme de l’AEV est la conservation en zone agricole d’un terrain de 178ha d’un seul tenant au niveau de Flins- les Mureaux. En effet, le préfet des Yvelines avait préempté le terrain pour y construire une piste de Formule 1. « Après deux ans de bataille juridique, l’AEV a eu gain de cause et permet de constituer le seul espace agricole de 178ha d’un seul tenant dédié à l’agriculture biologique (céréales et maraichage) en Ile de France », se félicite Olivier Thomas. Selon lui, l’agriculture biologique s’impose dans cette zone car les parcelles sont sur une zone de captage d’eau pour la ville de Paris. Enfin, toujours dans un souci de répondre à la demande, l’AEV porte aussi l’installation d’Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) ou des Jardins de Cocagne, exploitations agricoles dédiées à la réinsertion, en travaillant en lien avec les chambres d’agriculture et les Safer. « L’AEV a investi 25M€ en 10 ans sur du foncier agricole, soit environ 15 000 ha, ce qui en fait le premier porteur de foncier agricole en Ile de France », conclut Olivier Thomas.

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