Le monde est exposé à un certain nombre de changements importants qui auront des conséquences sur l’activité de l’Autorité au cours des cinq prochaines années. La mondialisation des marchés, l’évolution climatique et la viabilité des pratiques de production alimentaire en Europe nécessiteront une approche plus intégrée de l’évaluation des risques pour la santé. C’est ce qu’écrit l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA) dans son projet de Plan stratégique pour les 5 ans à venir. Un Plan stratégique qui liste les préoccupations de l’organisme scientifique européen et établit les priorités à venir, dans un contexte en évolution rapide dans le domaine de la sécurité de l’alimentation humaine et animale. Ce Plan stratégique – qui servira de base aux travaux de l’AESA – sera soumis à une consultation ouverte jusqu’à la fin de novembre. Un Plan définitif devant être présenté en décembre 2008.
En présentant dernièrement le projet de Plan stratégique de l’AESA pour 2009-2013, la directrice exécutive de l’AESA, Catherine Geslain-Lanéelle, a précisé que son organisation a déjà fourni plus de 1 000 avis et rapports scientifiques, ce qui, selon elle, « lui confère désormais une crédibilité solide. Nous avons identifié, dans le plan, certaines priorités clés qui nous permettront de gérer les défis et les opportunités futurs tout en continuant à renforcer la protection du consommateur dans l’Union européenne.» Selon elle, la mondialisation des marchés augmentera la probabilité de voir apparaître des risques nouveaux ou ré-émergents, tandis que l’évolution climatique et la viabilité des pratiques de production alimentaire en Europe nécessiteront une approche plus intégrée de l’évaluation des risques éventuels tout au long de la chaîne alimentaire. Les nouvelles technologies et l’innovation dans le domaine de la production des denrées alimentaires et des aliments pour animaux inciteront également l’AESA « à rester à la pointe des évolutions scientifiques les plus récentes ».
Dans son plan stratégique, l’AESA décrit comment elle mobilisera encore davantage l’expertise scientifique à sa disposition au sein de l’UE afin d’exploiter au mieux les connaissances des scientifiques dans toutes les disciplines associées à la chaîne alimentaire, y compris la santé et le bien-être des animaux, la santé des plantes et la nutrition. De cette manière, elle compte consolider son approche intégrée de l’évaluation du risque afin, dit-elle, « d’offrir aux décideurs européens des avis scientifiques pertinents et très rapides ».
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Risques liés à la dessaisonalisation
L’AESA met en évidence la demande croissante des consommateurs pour l’approvisionnement toute l’année en produits alimentaires, qui autrefois étaient considérés comme des aliments de saison. La tendance à la hausse du commerce alimentaire dans le monde tant en termes d’importations que d’exportations se traduira par une augmentation des risques pour la sécurité alimentaire. Pour preuve, l’AESA rappelle que le Système d’alerte rapide pour l’alimentation humaine et animale de l’UE a procédé en 2007 à environ 7.300 notifications pour les denrées alimentaires et les aliments importés dans l’UE. Ceci illustre, dit l’AESA, « la nature globale des risques et souligne la nécessité d’être vigilant contre l’introduction de nouveaux risques dans l’UE et la ré-introduction de ceux que l’AESA a déjà abordés, l’ESB en l’occurrence ». L’AESA s’attend également à une demande croissante de la part des consommateurs pour des produits de qualité nutritionnelle, des produits innovants ainsi qu’à des demandes accrues en termes d’éthique, d’environnement et de bien-être des animaux. Elle prévoit également une augmentation de l’évaluation des risques environnementaux en raison de la prévalence en Europe de systèmes d’exploitations agricoles intensives qui font appel à l’utilisation poussée d’agents agrochimiques.